Le déficit du solde des échanges ne cesse de s’alourdir pour les fruits frais alors qu’il reste à peu près stable pour les légumes. Tels sont les principaux enseignements des chiffres du commerce extérieur pour les onze premiers mois de l’année 2017, présentés par FranceAgriMer dans sa note de conjoncture de la filière publiée le 14 février 2018. Ainsi, le déficit du solde des échanges pour les fruits atteint près de 2,18 millions de tonnes ce qui correspond à un « déficit supérieur de 13 % à celui de la même période en 2016 et de 25 % supérieurs à celui de 2015 », note l’institution. Pour les légumes, le déficit reste à peu près stable par rapport aux années précédentes à 0,76 tonne, en légère baisse.
L’accroissement du déficit pour les fruits est principalement « dû à l’augmentation des importations », notamment les fruits exotiques et plus particulièrement les bananes. « Les bananes françaises ont été durement touchées par les aléas climatiques cette année avec les ouragans », rappelle Luc Barbier, président de la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF). Conséquence : 695 000 tonnes ont été importées cette année, soit une augmentation de plus 34 % par rapport à 2016, principalement en provenance de Côte d’Ivoire ou du Cameroun. Alors que dans le même temps, les agrumes, le premier poste d’importation de fruits, restaient stables à 975 000 tonnes importées (+1 %), principalement en provenance d’Espagne.
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Ces chiffres interviennent alors que la filière se pose de plus en plus de questions sur les conséquences que pourrait avoir le Brexit. « L’établissement de droits de douane constituerait un risque important pour le secteur des fruits et légumes », rappelle FranceAgriMer. Certaines filières françaises sont directement concernées, notamment la pomme pour laquelle le Royaume-Uni représente « le quart des exportations françaises », ou le bigarreau d’industrie : « 70 % des cerises confites sont exportées vers le Royaume-Uni ». Brunot Dupont, président d’Interfel se veut plutôt rassurant pour le moment. Producteur de pomme lui-même, il note que le Brexit « n’a pas d’effets pour l’instant » et juge que la filière « a beaucoup anticipé, notamment en ouvrant d’autres marchés ». « On se projette, on essaye de voir ce que cela pourrait avoir comme répercussions mais on attend surtout d’en savoir plus », confirme-t-il.
« Les bananes françaises ont été durement touchées par les aléas climatiques cette année avec les ouragans »