Le projet Futurol, de mise au point d'une technologie de production d'éthanol cellulosique, entre en 2015 dans la phase d'industrialisation de son procédé, a annoncé le consortium du projet, le 3 juin. Après sept ans de recherche-développement, le projet débouche, notamment, sur une unité de prétraitement à échelle industrielle, bientôt prête.
Né en 2008 de la volonté de produire du bioéthanol produit à partir de résidus et non plus uniquement à partir des organes de réserve des cultures (graines des céréales ou des oléagineux, racines des betteraves, jus de la canne à sucre), le projet de recherche-développement Futurol entre dans sa phase d'industrialisation.
Une matière première homogène comparable au marc de café
Une unité de prétraitement à échelle industrielle est bientôt prête. Elle est actuellement en cours d'implantation sur le site Tereos de Bucy, pour mise en production début 2016.
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L'originalité de la technologie de Futurol réside dans son procédé de pré-traitement : celui-ci permet d'utiliser des biomasses différentes et propres aux spécificités géographiques. Le site transformera les matières premières disparates que sont la paille, le bois et le miscanthus en une matière première homogène pour qu'elle soit accessible à l'action des enzymes pour les transformer, ultérieurement, dans une autre unité, en sucres fermentescibles. Les matières premières peuvent être différentes par leur type, comme évoqué ci-dessus, mais aussi selon les années ou selon les territoires, a précisé Frédéric Martel, directeur de Futurol. Le produit homogène qui sort du prétraitement est une sorte de poudre, comparable à du marc de café.
En outre, Futurol a développé des enzymes et des levures spécifiques, capables de convertir la cellulose et l'hémicellulose en sucres simples (glucose et xylose), propres à subir une fermentation, a précisé Frédéric Martel. Dans le modèle industriel de Futurol, les enzymes sont produits par des champignons cultivés sur le site et sélectionnés par le projet. Quant aux levures, elles ont été sélectionnées à la fois par croisements, par hybridation et par transferts de gènes, avec le partenariat des établissements Lesaffre, leader mondial de la levure, donnant des rendements élevés (c'est-à-dire un bon rapport entre les sucres qui entrent dans la cuve et l'alcool qui en sort), a complété Frédéric Martel.