Trop d’attentes convergent sur le G20 de Londres, un peu vite qualifié d’historique : sortir le monde de la crise économique, coordonner les plans de relance, réguler les pratiques financières, permettre une croissance durable au sens social et environnemental… Le directeur général de l’OMC, lui, parce qu’il ne se remet pas de son échec à conclure le cycle de Doha en décembre, veut faire inscrire à nouveau la relance des négociations dans les engagements que prendra le sommet. Pascal Lamy n’a qu’un credo : le commerce mondial, qui risque de s’enrayer à cause des mesures protectionnistes plus ou moins visibles de nombreux Etats, est la clé de la relance. A cette thèse s’opposent de façon radicale, du moins sur le chapitre agricole, les dernières simulations de Momagri, le mouvement pour une organisation mondiale de l’agriculture. « Un accord à l’OMC dans le domaine agricole, sans mise en oeuvre d’une régulation mondiale pour éviter les effets déstabilisateurs de la volatilité des prix agricoles, serait à l’origine d’une grave crise alimentaire structurelle autrement plus destructrice que la crise financière actuelle », affirme le groupe de réflexion que préside Pierre Pagesse, le président de Limagrain. Parmi ces désordres, des chutes de 30 à 60 % des chiffres d’affaires des agriculteurs sauf dans quelques pays émergents exportateurs, et même une remise en cause de la sécurité alimentaire de l’Europe. Le G20 devrait donc au contraire faire de la sécurité alimentaire un de ses enjeux et permettre une solvabilité collective en ce domaine, ce qui passe, selon Momagri, par une redéfinition des finalités du Cycle de Doha et par une gouvernance mondiale de l’agriculture, seule solution contre le protectionnisme.
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