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Filière porcine/Restructuration Gad : ce qui va se jouer pendant l’été

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La date d’examen du dossier Gad par le tribunal de commerce de Rennes est prévue le 21 août. Entre la cession d’une partie des légumes surgelés de Cecab à Pinguin et la volonté affichée de certains (élus et salariés notamment) de trouver une solution pour le site de Lampaul, il est fort probable que la date soit repoussée. D’ici là, le groupe AIM aura dû valider une solution de refinancement, qui ne le dispense pas de trouver un partenaire rapidement s’il veut assurer sa pérennité.

Le 21 août, le tribunal de commerce de Rennes doit examiner le dossier Gad. Pour l’heure, aucun repreneur ne s’est déclaré et Cecab prépare un plan de continuation pour le seul site de Josselin (56).
Mais tout n’est pas joué pour autant. Les groupements de producteurs qui approvisionnent Gad sont très attachés au site de Lampaul, dont la fermeture annoncée est vécue comme un électrochoc. Les salariés n’acceptent pas d’être « sacrifiés », c’est du moins la façon dont ils ressentent le choix de Cecab de préserver le site de Josselin. Et les élus sont extrêmement préoccupés par les conséquences économiques et sociales de la fermeture du site de Lampaul. En coulisses, de nombreuses parties prenantes s’activent pour élaborer une solution alternative pour Lampaul (1), en misant notamment sur un front finistérien. Tout en reconnaissant qu’une telle opération fragiliserait Josselin… Reste à savoir si le mois d’août suffira pour réunir des industriels capables de piloter l’opération et des fonds afin de la financer. Et si ce projet peut vraiment prendre forme ou s’il relève de l’agitation politique qui accompagne nécessairement ce genre de dossier.
Dans ce contexte, il est fort possible que la date du 21 août soit repoussée. C’est en tout cas le vœu des défenseurs d’une solution alternative.
 
La vente d’une partie de l’activité légumes surgelés de la Cecab finalement sur la table
Dans le même temps, Cecab s’enfonce dans une (non)-communication assez difficilement lisible qui risque fort d’aboutir au même résultat, à savoir un report de l’examen du dossier. Le groupe coopératif a signé un protocole d’accord pour la cession de huit de ses usines de légumes surgelés au belge Pinguin (valorisation des activités cédées: 45 M EUR) mais reste très discret sur ce sujet. L’opération devrait être finalisée le 31 août, soit 10 jours après la date de l’examen du dossier Gad par le tribunal de commerce. Si l’on ne sait pas quel est le montant exact que Cecab touchera à l’issue de la vente de ses huit usines, l’opportunité d’un tel gain au lendemain de la liquidation prévue par le groupe du site de Lampaul interroge. Et il est peu probable, alors que des centaines d’emplois sont en jeu et des abandons de créance sans doute à prévoir, que cette information, qui a mis du temps à circuler mais a finalement été diffusée par la presse nationale, reste sans effet.
 
Un abattoir de trop… ou bien deux ?
Tandis que l’avenir de Gad reste en suspens, une autre entreprise présente dans l’abattage de porc, le normand AIM, est dans une situation difficile. Une solution de court terme devrait être validée la semaine prochaine par le tribunal de commerce pour refinancer l’entreprise, très endettée, mais cela ne dispensera pas de trouver des solutions sur le long terme.
On a beaucoup répété que la filière porcine comptait malheureusement un abattoir de trop. La question se pose, avec le recul continu de la production – le déclin n’est même pas enrayé – si cet « abattoir de trop » ne va pas devenir « deux abattoirs de trop ». Une situation qui contribuerait à déstabiliser encore la filière. Handicapée par un manque total de dynamisme au niveau des approvisionnements, elle peine à investir parce qu’elle manque de moyens mais aussi de visibilité. Un cercle vicieux qui se répercute sur la capacité à développer de nouveaux débouchés, et donc à valoriser au mieux la production…
 
(1) Il ne s’agit pas du projet de Scop envisagé par certains salariés, mais d’une reprise par des industriels. 

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