Le temps a dû paraître bien long pour tous les acteurs du dossier Yoplait et la fin du suspense ne peut que les  soulager. Les acquéreurs évincés peuvent ruminer leur déception, mais  parmi eux Lactalis se donne un nouveau défi, autrement difficile, en partant à l’assaut de Parmalat. Comme en France, ses méthodes font un peu grincer des dents au-delà des Alpes et rien ne dit que les jeux soient faits pour qu’il puisse ainsi améliorer à terme l’équilibre géographique de ses activités. Que l’Américain General Mills l’ait emporté – et même sur un mieux di-sant comme le Chinois Bright Food - reflète la complexité de ce qui est en jeu dans les négociations exclusives ouvertes avec Sodiaal et PAI. Le fonds d’investissement est quand même récompensé de sa patience (après 9 ans !) et Sodiaal troque un partenaire financier pour un partenaire industriel qui travaillait pour Yoplait depuis 34 ans et qui est capable de porter beaucoup plus loin dans le monde la marque à la petite fleur. Au passage ses royalties sont revalorisées et du cash sera tiré du 1% cédé dans la société opérationnelle. Les craintes des pouvoirs publics sur les débouchés de la filière laitière et sur le maintien de l’emploi et de l’innovation sur le sol français sont écartées si l’accord confirme bien un droit de veto pour Sodiaal sur les principales décisions stratégiques à venir. Il reste bien sûr à verrouiller les 49% laissés au groupe coopératif pour prévenir tout risque de dilution lorsqu’il faudra investir. D’où l’idée du chevalier blanc que poussent les pouvoirs publics en évoquant le possible renfort du FSI avec lequel Sodiaal pourrait créer une société commune pour porter ses parts dans l’entreprise.  Alors seulement il serait exact de dire comme le proclame Coop de France « non, Sodiaal n’a pas vendu Yoplait ».

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