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Blé Garder de la qualité pour l’export

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Les prix élevés de la campagne 2007/2008 ont échaudé les pays importateurs de céréales qui cherchent à sécuriser leur approvisionnement. Face à la concurrence féroce que se livrent les différents exportateurs traditionnels, tous nantis cette année de récoltes très satisfaisantes, l’hexagone ne doit pas négliger la carte de la qualité.

Un stock de report de 2,5 Mt en blé, c’est un chiffre que Michel Ferret, chef du service des marchés de l’OniGC (Office national interprofessionnel des grandes cultures) a qualifié d’ « harmonieux », le 24 octobre à l’occasion des journées techniques des industries céréalières organisées par l’Aemic (Association des élèves des écoles de meunerie et des industries des céréales). Compte tenu du volume de la récolte française, il faudra exporter 5,5 Mt de blé vers les pays tiers pour l’atteindre à l’issue de la campagne de commercialisation 2008/2009. « Aujourd’hui, 3,2 Mt sont déjà chargées », a précisé Michel Ferret. Mais il en reste encore 2,3 Mt à exporter. Or l’ensemble des grands producteurs mondiaux a enregistré de bonnes récoltes en 2008.

Les pays importateurs veulent se sécuriser

La concurrence est donc féroce. D’autant plus que les pays structurellement importateurs n’ont pas envie de revivre le scénario catastrophe de la campagne 2007/2008. Echaudés, ils cherchent à sécuriser durablement leur approvisionnement. « L’Egypte a passé un accord bilatéral avec le Kazakhstan pour importer 1 Mt par an, et elle est en train de négocier un accord de troc avec l’Ukraine, gaz naturel contre céréales », a notamment expliqué Michel Ferret. La Libye et l’Arabie saoudite sont de leur côté à la recherche de terres à louer dans des zones fertiles pour y réaliser tous les investissements nécessaires à la production. La Libye souhaiterait louer 300 000 ha en Ukraine.

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La disparition de l’AWB laisse un vide

A l’inverse, de nouveaux clients attendent probablement d’être conquis voire reconquis. La disparition du célèbre AWB (Australian Wheat Board), structure monopolistique qui assurait jusqu’à présent l’ensemble de la commercialisation du blé australien à l’export, laisse un vide. L’organisme avait séduit un portefeuille de clients fidèles par sa capacité à trier et segmenter son blé. Or il est fort probable que l’arrivée de la concurrence ne permette plus aux Australiens de répondre à ces demandes. Certains pays d’Afrique, notamment, pourraient donc se tourner vers d’autres fournisseurs… A condition qu’ils offrent un service à la hauteur.

Une qualité pas toujours à la hauteur à l’export

Que ce soit pour rassurer ses clients traditionnels ou pour en séduire de nouveaux, l’Hexagone semble donc avoir intérêt à proposer des blés de qualité au marché international. La récolte 2008 ne devrait pas être un obstacle. Si elle n’est pas exceptionnelle, avec une teneur moyenne en protéines de 11,5 %, elle reste correcte. « Cette année, nous n’avons pas eu de rouille brune, et la septoriose comme la fusariose ont été assez bien contrôlées », a notamment indiqué Caterine Deschamps, chez Arvalis, le 24 octobre. Au final, quelque 20 Mt se classent en catégorie E et 1, comme en 2007. L’utilisation de la variété Caphorn, qui a obtenu d’excellents résultats, permet aux meuniers hexagonaux d’ajuster leurs mélanges. Mais à l’export, les cargaisons françaises ont d’ores et déjà déçu certains utilisateurs marocains. Des craintes se manifestent : les meuniers français ne vont-ils pas vouloir exclure le blé Caphorn des mélanges export, faisant ainsi baisser leur qualité ? La cohabitation entre les débouchés s’annonce complexe.