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Gaspillage alimentaire : 17 % des aliments disponibles perdus chaque année, selon l’ONU

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Le gaspillage alimentaire des ménages représentait près de 60 % de la nourriture totale jetée en 2019, constate un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Un fléau qui concerne tous les pays du monde.

Pas moins de 931 millions de tonnes d’aliments, soit 17 % des aliments totaux disponibles pour la population mondiale en 2019, ont été jetés dans les poubelles des ménages (61%), des restaurants (26%) et des détaillants (13%), indique le rapport sur l’indice du gaspillage alimentaire 2021, publié le 4 mars par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

Contrairement à des rapports précédents qui considéraient que le gaspillage alimentaire au niveau des consommateurs était surtout important dans les pays développés, les auteurs alertent sur le fait qu’aujourd’hui ce gaspillage touche tous les pays et ne doit plus être « considéré comme un problème de pays riches ». D’après les résultats de l’étude, le gaspillage alimentaire moyen par habitant au niveau des ménages est globalement similaire dans toutes les catégories de revenus des pays, ce qui suggère que l'action sur le gaspillage alimentaire est tout aussi pertinente dans les pays à revenu élevé (79 kg par personne par an), moyen supérieur (76 kg/an) et moyen inférieur (91 kg/an).

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Impact sur l’environnement

Par ailleurs, les déchets alimentaires ont aussi des impacts environnementaux, sociaux et économiques. Ainsi, 8 à 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont associées à des aliments qui ne sont pas consommés, si l’on tient compte des pertes avant le niveau des consommateurs, explique le rapport. Selon Richard Swannel, directeur du développement de l’ONG britannique Wrap et co-auteur de l’étude, « si le gaspillage et les pertes alimentaires étaient un pays, il serait le troisième émetteur au monde de gaz à effet de serre ». « Il faut donc réparer le système alimentaire si on veut s’attaquer au changement climatique, et une des priorités est de s’occuper des déchets », estime-t-il. Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE, confirme : « La réduction du gaspillage alimentaire permettrait à la fois de diminuer les émissions de gaz à effet de serre, de ralentir la destruction de la nature par la conversion des terres et la pollution, d’améliorer la disponibilité des aliments et donc de réduire la faim et d’économiser de l’argent ». À cette fin, elle appelle « les entreprises, les gouvernements et les citoyens du monde entier » à faire leur part du travail. « Le sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires prévu à l’automne prochain sera ainsi l’occasion de lancer de nouvelles actions audacieuses afin de lutter contre le gaspillage alimentaire à l’échelle mondiale », espère-t-elle.