Le commissaire européen Vytenis Andriukaitis a appelé les ministres de l’agriculture de l’UE à déployer tous les moyens possibles pour lutter contre le gaspillage alimentaire. La future Pac devrait notamment en tenir compte.
Les ministres de l’agriculture de l’UE, réunis le 16 avril à Luxembourg, ont convenu, lors d’un débat, que des progrès avaient été accomplis dans la réduction du gaspillage alimentaire mais que beaucoup devait encore être réalisé afin d’atteindre les objectifs fixés. Dans le cadre de ses objectifs de développement durable, l’UE doit réduire de moitié les déchets alimentaires au niveau du commerce de détail et des consommateurs d’ici 2030 ainsi que les pertes alimentaires tout au long des chaînes de production et d’approvisionnement alimentaires.
« Le gaspillage alimentaire est immoral. L’une de mes priorités absolues est de me rapprocher le plus possible de cet objectif », a souligné le commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis. Il a rappelé qu’en 2017, la Commission a adopté des lignes directrices de l’UE pour faciliter le don de denrées alimentaires et publié un rapport sur les dates de péremption et de consommation qui alimentera les réflexions en cours pour promouvoir une meilleure compréhension et utilisation de cet étiquetage.
De plus, une Plate-forme pour la prévention du gaspillage et des déchets alimentaires a été créée en 2016, qui doit être « la pierre angulaire de ce projet ». La prochaine réunion de cette plate-forme aura lieu en marge de l’événement AgroBalt 2018 à Vilnius, le 24 mai.
Un certain nombre de délégations (dont Italie, Belgique, Malte et Grèce) ont estimé que la Pac post-2020 pourrait jouer un rôle plus important en vue de contribuer à la réduction des pertes et gaspillages alimentaires.
Une méthodologie commune
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« Nous réfléchissons au niveau de la Commission sur la manière dont une politique agricole commune réformée pourrait contribuer à réduire les pertes et les déchets alimentaires en stimulant des pratiques de production, de transformation et de stockage plus efficaces vers une bioéconomie circulaire », a confirmé le commissaire européen.
La Commission européenne a également publié le 13 avril des lignes directrices visant à faciliter l’utilisation en tant qu’aliments pour animaux des denrées alimentaires qui ne sont plus destinées à la consommation humaine . Une valorisation qui évite que ces matières soient compostées, transformées en biogaz, éliminées par incinération ou mise en décharge. Le document contient quinze clarifications concrètes et des directives pour les autorités et les parties prenantes.
Enfin, a insisté Vytenis Andriukaitis, « j’invite tous les États membres à se doter de plans ou de stratégies spécifiques de réduction des déchets alimentaires au niveau national afin d’obtenir des résultats tangibles dans cette entreprise ».
La législation européenne sur les déchets va renforcer la lutte contre les déchets alimentaires dans l’UE en exigeant des États membres qu’ils les réduisent à chaque étape de la chaîne d’approvisionnement alimentaire et qu’ils surveillent et fassent rapport sur les niveaux de déchets dans ce domaine, sur la base d’une méthodologie commune sur laquelle la Commission a commencé à travailler pour la présenter d’ici mars 2019.