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Consommation Gaspillage alimentaire : les détaillants pour une politique combinant réglementation et mesures volontaires

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Répondant aux recommandations d’un rapport du Parlement européen sur le gaspillage alimentaire, les détaillants et les grossistes européens affirment qu’ils contribuent déjà à la réduction des déchets alimentaires et estiment que pour lutter plus efficacement contre ce problème, il est plus indiqué d’adopter une politique mariant législation et actions volontaires.

Les détaillants et les grossistes dans le secteur alimentaire affirment prendre « très au sérieux » la question du gaspillage alimentaire car, à leurs yeux, la réduction des déchets alimentaires contribue non seulement à une utilisation plus durable des aliments, mais aide également à réduire les pertes de revenus. Ils estiment que chaque denrée alimentaire abandonnée coûte de l’argent et c’est finalement le consommateur qui finit par payer le prix. S’exprimant lors d’un débat organisé par le Parlement européen – à la veille d’un vote en session plénière sur les déchets alimentaires – Lettemieke Mulder, directrice de la politique de développement durable des produits chez EuroCommerce, a notamment souligné : « Il n’y a pas de baguette magique pour résoudre d’un coup le problème des déchets alimentaires. Nous avons besoin d’un ensemble de mesures intelligentes et complémentaires, tant législatives que volontaires, pour encourager des actions positives." Un bon exemple, a-t-elle dit, est la loi italienne adoptée en 2016, qui simplifie le processus de don de nourriture et permet aux municipalités de réduire les taxes sur les déchets. Selon elle, les détaillants et les grossistes dans le secteur alimentaire contribuent déjà de plusieurs manières à réduire les pertes de nourriture. Par exemple, en incitant les commerçants à améliorer la gestion de leurs stocks ; en faisant travaillant de concert agriculteurs et fournisseurs pour mieux faire correspondre production alimentaire et demande des consommateurs.

Des consommateurs que l’on peut aussi encourager à réduire les déchets alimentaires en leur expliquant la différence entre les formules « à consommer jusqu’au… » et « à consommer de préférence avant le… ». Tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement peuvent enfin collaborer avec des banques alimentaires et des organismes de bienfaisance pour faire don des produits invendus. Les grossistes et les détaillants considèrent que ce n’est qu’en combinant les efforts de tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement que l’on pourra faire la différence. C’est pourquoi, rappellent-ils, EuroCommerce, le lobby de la distribution européenne, est devenu membre de la Plate-forme européenne nouvellement créée sur les déchets alimentaires. Par la même occasion, les détaillants font un appel du pied aux États membres et à la Commission européenne en faisant observer que « souvent les législations européennes et nationales empêchent de faire don des denrées alimentaires encore bonnes à manger aux personnes qui en ont le plus besoin ». Ils soulignent que les gouvernements « doivent veiller aux problèmes pratiques auxquels est confronté le secteur de la distribution lors de la réalisation des dons, y compris par exemple en ce qui concerne les règles de TVA qui les encadrent ». La Commission européenne, de son côté, est invitée à aider à prévenir et à réduire les déchets alimentaires en encourageant les meilleures pratiques dans les États membres et en abordant les obstacles réglementaires. Par exemple, les autorités nationales pourraient envisager de permettre aux détaillants de redistribuer les produits alimentaires réfrigérés et périssables qui ont été congelés en toute sécurité avant qu’ils n’atteignent leur date d’utilisation, une pratique non acceptée aujourd’hui.

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Une réponse politique au niveau européen

Le rapport d’initiative rédigé par l’eurodéputée Biljana Borzan (Social-Démocrate, Croatie) sur le gaspillage alimentaire doit être voté à la plénière du Parlement européen à la mi-mai. Le rapport demande une réponse politique coordonnée au niveau de l’UE et des États membres et souligne la nécessité d’adopter des politiques et des réglementations européennes et nationales intelligentes qui permettent aux acteurs du marché de proposer des solutions innovantes pour lutter contre les déchets alimentaires. Selon les estimations du projet de recherche européen Fusions, 88 millions de tonnes de denrées alimentaires sont gaspillées chaque année dans l’UE. Les coûts liés à ce gaspillage seraient d’environ 143 milliards d’euros.