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Gaspillage alimentaire : tout n’est pas à jeter dans la proposition de la Commission européenne

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Les ministres de l’Agriculture de l’UE et les eurodéputés de la commission Agriculture du Parlement européen (Comagri) accueillent favorablement l’objectif global de réduction du gaspillage alimentaire mais s’inquiètent de certains points de mise en œuvre. Entre le 23 et le 25 octobre, le conseil agriculture et la Comagri ont abordé la proposition de la Commission européenne relative aux déchets. La Commission européenne a proposé, le 5 juillet, que les États membres réduisent de 30 % d’ici à 2030 les volumes de déchets alimentaires des commerces, restaurants et ménages dans l’UE par rapport à 2020. La directive mise sur la table imposerait aussi aux pays de l’UE de diminuer de 10 % le gaspillage dans le secteur de la production et de la transformation agroalimentaire par rapport à 2020. En revanche, aucun objectif n’est assigné au secteur agricole, soumis aux aléas des cultures et susceptible d’utiliser ses déchets comme engrais ou pour produire du biogaz.

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Un des principaux points de préoccupation concerne le choix de l’année 2020 comme période de référence. Certains ministres et eurodéputés avancent que les conditions particulières de cette année liées à la pandémie de Covid-19 ont entraîné des conséquences sur les ménages, réduisant anormalement les volumes de gaspillage alimentaire. Les objectifs de réduction peuvent également apparaître trop audacieux pour certaines délégations alors que d’autres mettent en avant le manque d’ambition par rapport aux objectifs internationaux de développement durable. Concernant les outils, de nombreux États membres et parlementaires souhaitent favoriser les incitations financières et les campagnes de sensibilisation et d’information à destination des consommateurs, notamment dans les écoles. Le ministre français Marc Fesneau a évoqué la possibilité d’inclure le secteur primaire dans le dispositif. Il avance même qu’un tiers des pertes alimentaires en France se ferait au stade de la production (souvent en raison d’impasses techniques).