Gastronome, le 3e opérateur français de la filière volaille, qui a achevé fin 2005 son plan de restructuration mis en place en 2002, commençait à en sentir les premiers effets positifs avant que ne survienne la crise de la grippe aviaire. Mais celle-ci lui a coûté 6 M EUR au dernier trimestre 2005 et modifie désormais les perspectives : prévoyant un impact négatif sur ses résultats de début 2006, l’entreprise indique qu’elle « ne peut exclure de nouvelles réorganisations selon l’évolution du contexte du marché ».
Née en 1999 du regroupement des sociétés Soparvol et Synavi et ayant repris l’année suivante une partie des actifs du groupe Bourgoin pour créer Volaille de France, la société Gastronome a mis en place un plan de réorganisation d’un montant de 25 millions d’euros sur les années 2002-2005. Dans ce cadre, ont été menés à bien la spécialisation des outils industriels et la construction de deux outils neufs de grande capacité en poulet et canard sur le site de Nueil-les-Aubiers (79), le recentrage de la marque Gastronome sur les produits surgeléés et la mise en avant de la marque Douce France sur l’ensemble des produits frais en particulier les élaborés. Le plan s’est achevé fin 2005 complété par l’évolution de l’actionnariat de l’entreprise, le groupe Terrena montant au capital à hauteur de 96,5%, contre 2,9 % pour la Cavac et 0,6% Sofiprotéol.
Meilleure capacité d’autofinancement
Pour l’exercice 2005, Gastronome communique aujourd’hui un résultat d’exploitation, « malgré une perte de 6 millions d’euros liée à l’impact de la grippe aviaire sur les marchés des trois derniers mois de l’année » au même niveau qu’en 2004, soit -13,5 M EUR pour un chiffre d’affaires de 748,9 M EUR et des volumes transformés de 170 457 tonnes. Dans le même temps, la capacité d’autofinancement se redresse passant de -1,2 M en 2004 à +0,1 M, signe d’une amélioration des résultats avant la crise. Mais compte tenu d’une charge exceptionnelle de 9 M EUR liée à la dépréciation de fonds de commerce sur l’activité dinde et aux provisions pour dépréciation des stocks au vu de la crise, le résultat net de Gastronome est négatif de 23,9 M EUR.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Dans la mesure où la crise aviaire accélère les évolutions des modes de consommation vers plus d’élaboration et de praticité des produits, Gastronome travaille sans attendre à rééquilibrer son portefeuille au profit d’élaborés crus ou cuits qui seront lancés bientôt, à mettre en avant sa marque Douce France et à se renforcer en RHD et à l’export (70 M EUR l’an dernier). Mais « ne peut exclure de nouvelles réorganisations selon l’évolution du contexte de marché ».