Le fonds d’aide d’urgence de 20 millions d’euros annoncé par Jean Castex a été accueilli favorablement par les chambres d’agriculture, mais avec des réserves par la Conf’.
En déplacement à Cazes-Mondenard (Tarn-et-Garonne) le 5 avril pour exprimer sa « solidarité » aux agriculteurs touchés par le gel, le Premier ministre a annoncé le déclenchement « d’un certain nombre de dispositifs d’urgence, qui seront calés sur ce que nous avions engagé en avril 2021 ». Accompagné par le ministre de l’Agriculture, Jean Castex a indiqué qu’un « fonds d’aide d’urgence » sera mis en place « dans les prochaines semaines » pour « un montant de 20 millions d’euros ». Comme l’an dernier, ce fonds sera « à la main des préfets, c’est-à-dire au plus près des réalités humaines de terrain ». Le chef du gouvernement a confirmé l’activation « de manière tout à fait accélérée » du fonds des calamités agricoles pour les productions « qui ont été le plus impactées » par le gel. Pour ces mêmes exploitations, il a promis de réactiver « la prise en charge exceptionnelle de leurs cotisations sociales » et « les dégrèvements d’office […] au titre de la taxe foncière sur le non-bâti ».
« Risque de clientélisme »
Par ailleurs, Jean Castex a appelé à développer « à tout prix » les « leviers » permettant de rendre les exploitations plus résilientes au changement climatique. « Je pense en particulier aux mesures de protection : les tours antigel, l’aspersion avec des petites retenues qui doivent être faites – comme je le vois ici en Tarn-et-Garonne – dans un cadre consensuel », a étayé le Premier ministre. Il a appelé à « amplifier [les] efforts de recherche et d’innovation », par exemple pour « promouvoir des variétés avec une floraison plus tardive pour être mieux protégé des épisodes de gel ». Enfin, « chaque filière – la viticulture l’a fait – doit adopter un plan d’adaptation au changement climatique », a conclu Jean Castex dans son intervention partagée sur Twitter.
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Au lendemain de ces annonces, le réseau des chambres d’agriculture (APCA) a salué le « signal positif » envoyé par le gouvernement. Tout en rappelant l’importance de la réforme de la gestion des risques, l’APCA promet, dans un communiqué le 6 avril, d’être « aux côtés des agriculteurs pour les conseiller et les assister dans la mise en œuvre des dispositifs de soutien », tel le fonds d’aide d’urgence. Un rôle décrié par la Conf’, dans un communiqué le même jour. Le syndicat pointe des « dysfonctionnements » de ce fonds déjà activé l’an passé, citant « des critères d’accès aux aides variables d’un département à un autre » et « une distribution opaque en lien avec les chambres d’agriculture ». La Conf’ appelle l’Etat à « améliorer la concertation locale » pour « limiter tout risque de clientélisme », et à inclure dans le plan d’aides un certain nombre de fermes laissées sur la touche à la suite du gel de 2021.