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Généralisé, le Nutri-Score pourrait réduire les décès par maladies chroniques

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Le système d’étiquetage Nutri-Score pourrait réduire le nombre de décès causés par des maladies chroniques liées à l’alimentation, estiment les auteurs d’une étude publiée en juillet. Des résultats qui dépendraient notamment « de la mise en œuvre obligatoire de l’étiquetage », aujourd’hui apposé sur les emballages alimentaires sur la base du volontariat.

« Environ 3,4 % de tous les décès dus à des maladies non transmissibles liées à l’alimentation » seraient « évitables » en cas d’utilisation généralisée du Nutri-Score. C’est l’une des conclusions d’une étude scientifique publiée le 15 juillet dernier dans l’International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity. Dans le cadre d’une expérience, les auteurs – parmi lesquels figure le médecin épidémiologiste de la nutrition Serge Hercberg, président du comité de pilotage du Programme national nutrition santé (PNNS) – ont cherché à mesurer les effets de cinq étiquetages nutritionnels différents sur « la qualité nutritionnelle » des achats de 691 personnes. Ils ont ensuite simulé l’impact des modifications de régime alimentaire sur la mortalité par maladies chroniques liées à l’alimentation dans la population française.

Le Nutri-Score pourrait ainsi réduire le nombre de décès par maladies cardiovasculaires (entre 7 197 et 5 220 cas évités) et les décès par cancer (entre 1 332 et 712 cas évités). Ses effets sont les plus importants parmi les cinq étiquetages testés. La totalité des labels semble avoir un effet positif, mais « le Nutri-Score, avec son format gradué et présentant des couleurs sémantiques, semble être le moyen le plus efficace pour réduire la mortalité due aux maladies non transmissibles liées au régime alimentaire (jusqu’à 3,4 % en moyenne) », estiment les auteurs.

« Prendre en compte les éléments favorables »

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Ceux-ci mettent notamment en avant « l’importance de prendre en compte les éléments favorables, et en particulier les fruits et légumes, en tant qu’éléments clés du système de profil nutritionnel » établis par ces étiquetages, comme c’est le cas pour le Nutri-Score. Certaines formes de labellisations, comme le « Multiple Traffic Lights » (MTL), ne mettent en évidence que la présence des « nutriments défavorables » comme le sel, le gras ou le sucre. Ces étiquetages « peuvent entraîner une diminution plus importante de la consommation de ces nutriments », mais « peuvent également entraîner une faible augmentation de l’apport en nutriments favorables, tels que les fibres, les fruits et les légumes », estiment les auteurs. Ce qui expliquerait en partie leur effet plus faible sur la réduction du nombre de décès par maladies chroniques.

Les scientifiques rappellent plusieurs limites de leur étude. « L’échantillon de population inclus dans l’expérience n’était pas représentatif de la population française », indiquent-ils. Et, dans le cadre de l’expérimentation, les achats ont été « effectués au niveau des ménages » et non pas du consommateur, dans un environnement « où tous les produits alimentaires étaient étiquetés ». Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui dans les rayons des supermarchés, l’apposition du Nutri-Score se faisant sur la base du volontariat. « Plus de 100 fabricants » se seraient aujourd’hui engagés à l’appliquer, représentant « plus de 20 % des parts de marché ». Malgré cela, l’effectivité des résultats du Nutri-Score en matière de santé publique « dépendrait de la mise en œuvre obligatoire de l’étiquetage sur les produits alimentaires », rappellent les auteurs dans leur conclusion.

« Plus de 100 fabricants » se seraient engagés à appliquer le Nutri-Score, soit « plus de 20 % des parts de marché »