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Négociations de l’OMC Genève et Bruxelles gardent quelques espoirs

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Pascal Lamy est « prêt » à convoquer rapidement une nouvelle réunion ministérielle pour boucler les principaux chapitres du cycle de Doha, si les réunions de hauts fonctionnaires qui se tiennent à Genève progressent sur le différend qui a fait échouer les pourparlers fin juillet. Peter Mandelson, le commissaire européen au commerce, est sur la même ligne que le directeur général de l’OMC, contrairement à la France, présidente en exercice de l’UE, qui doute de la possibilité d’une telle relance alors que se rapproche l’élection présidentielle américaine.

«En fonction des progrès réalisés par les négociateurs, je suis prêt à demander aux ministres de revenir à Genève au cours des semaines à venir pour tenter de boucler les questions restées en suspens », a déclaré le 16 septembre à Genève Pascal Lamy devant la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced).

« Les raisons pour lesquelles nous devons conclure le cycle de Doha deviennent chaque jour plus pressantes à mesure que les perspectives économiques et financières continuent à se dégrader », a ajouté le directeur général de l’OMC, estimant aussi qu’ « il y a maintenant trop sur la table, en particulier pour les pays en développement, pour renoncer ».

Des représentants du groupe des Sept (Etats-Unis, UE, Australie, Japon, Chine, Inde, Brésil) se sont retrouvés une deuxième fois à Genève pour tenter de sortir de l’impasse créée fin juillet dernier par un désaccord sur la formulation précise du mécanisme de sauvegarde spécial qui doit permettre à un pays en développement d’augmenter ses droits de douane en cas de poussée des importations agricoles consécutive à l’ouverture des marchés négociée à l’OMC.

Crawford Falconer : faire vite

« J’ai le sentiment qu’il y a politiquement de bonnes dispositions pour prendre un nouveau départ », a déclaré le 12 septembre Crawford Falconer, le modérateur du cycle de Doha pour l’agriculture. « Selon moi, ce processus doit intervenir rapidement », a-t-il toutefois souligné devant des parlementaires à Genève, ajoutant que plus on attend après être parvenu à un « compromis implicite », plus il est difficile de recoller les morceaux.

De son côté, l’ambassadeur du Mexique auprès de l’OMC, Fernando de Mateo y Venturini – successeur potentiel du modérateur du cycle de Doha pour les biens industriels, Don Stephenson, reparti à Ottawa – a estimé que, « l’année prochaine, nous devrions être en mesure de conclure ce cycle ».

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Une reprise « souhaitable », selon Peter Mandelson

Lors d’une audition au Parlement européen le 15 septembre, Peter Mandelson a jugé « souhaitable » une nouvelle réunion ministérielle à l’OMC « dans les semaines qui viennent ». Une telle réunion dans le courant de l’automne permettrait de « mettre les choses en ordre avant que la politique intérieure et les élections dans un certain nombre de pays ne prennent totalement le dessus », a estimé le commissaire européen au commerce. Une référence à l’élection présidentielle américaine en novembre, mais aussi aux prochaines élections législatives en Inde ou au renouvellement du Parlement européen en juin 2009 puis de la Commission de Bruxelles à l’automne suivant.

M. Mandelson a également souligné qu’il faudrait « dépasser cet automne le stade crucial d’un accord sur les modalités », pour espérer boucler le dossier malgré l’arrivée d’une nouvelle administration américaine en janvier.

... mais la France doute

« Personnellement, je pense qu’il est assez douteux qu’on puisse à un niveau technique franchir maintenant un cap politique qui n’a pas pu être franchi en juillet, sachant que par définition on est plus près des élections américaines », a déclaré pour sa part le même jour à Bruxelles, à l’issue d’une session ministérielle des Vingt-sept, la secrétaire d’Etat française au commerce, Anne-Marie Idrac, dont le pays exerce la présidence tournante de l’UE.

Devant les journalistes, M. Mandelson s’est contenté d’évoquer avec ironie ses « relations constructives » avec la présidence française.