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Gérard Napias : faire des entreprises de travaux les acteurs de l’agriculture de demain

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Se projeter dans l’avenir. Telle est la ligne de conduite que les entrepreneurs de travaux agricoles doivent suivre pour devenir indispensables aux agriculteurs, selon la Fédération nationale des entrepreneurs des territoires (FNEDT). C’est l’objectif des entrepreneurs, mais pas seulement. Les politiques aussi doivent apprendre à voir sur le long terme. C’est ce que Gérard Napias, président de la FNEDT, a confié à Agra Presse à la veille du 85e

> congrès de la Fédération, qui se tenait les 2 et 3 février à Agen (Lot-et-Garonne).

En décembre dernier, vous faisiez part de vos inquiétudes quant aux agriculteurs qui, faute de trésorerie, ne réussissaient pas à honorer leurs factures auprès des entrepreneurs de travaux agricoles. La situation s’est-elle débloquée ?

Vous teniez, les 2 et 3 février, le 85e congrès de votre fédération. Quels sont les enjeux et objectifs de ce congrès ?

Depuis la première éditio n de notre congrès les compétences requises, techniques et technologies ont bien évolué. Elles avancent encore plus vite ces dernières années. Les entreprises agricoles ont su se tenir à jour. Certaines sont à la pointe de l’innovation, en matière d’utilisation du numérique ou de matériel agricole high-tech (drones, robots, capteurs et analyses de données…), d’autres sont plus en retard. Lors de ce congrès, nous souhaitons montrer ce qui est fait, et peut être fait, pour que les entreprises de travaux agricoles puissent être les acteurs incontournables de l’agriculture de demain, et des prochaines décennies. Qu’elles soient déjà en haut de la pyramide ou plus en dessous, le but de notre fédération est d’accompagner chaque entreprise afin qu’elle monte une, puis deux, puis trois marches supérieures. Nous préparons d’ailleurs une plateforme numérique, sorte de boîte à outils, qui permettra aux entrepreneurs d’identifier leurs lacunes (communication, techniques ou autres) et de proposer des solutions pour chacune d’entre elles. La formation notamment. Nous souhaitons que cette plateforme soit prête d’ici la fin de l’année, et qu’à partir de là, elle soit en évolution constante.

Votre congrès se tient à quelques jours du Salon de l’agriculture et à quelques semaines de l’élection présidentielle. Avez-vous des messages à adresser aux candidats ?

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Bien entendu ! Et le premier message concerne les charges administratives. On a l’impression que des tâches qui incombaient aux services publics sont transférées vers les entreprises privées : compte pénibilité, déclaration sociale nominative, bientôt prélèvement de l’impôt à la source… C’est une charge de travail énorme que les petites entreprises comme les nôtres ne peuvent pas assumer à moins d’embaucher une secrétaire administrative. Et dans ce cas, c’est alors une trop grosse charge financière pour des entreprises qui ont en général deux voire trois salariés.

La deuxième chose que l’on souhaite demander au futur président, c’est de donner envie aux gens d’entreprendre. Et pour ça, il leur faut de la visibilité à moyen et long terme. Il faut arrêter de modifier les textes de loi sans arrêt ! Les entrepreneurs ont besoin de continuité pour avancer. Le candidat qui sera élu, quel qu’il soit, ne doit pas défaire tout ce qui a été fait avant. Il faut bien examiner, le bon et le moins bon et prendre le temps pour avoir assez de recul sur les derniers dispositifs législatifs mis en place.

Comment comptez-vous faire part de vos revendications aux candidats à la présidentielle ?

Nous allons rédiger une motion, en fonction des grandes pistes qui sont sorties de notre assemblée générale en décembre et des débats du congrès de février. Cette motion reprendra nos demandes vis-à-vis des candidats à l’élection présidentielle. Nous la validerons en bureau au courant du mois de février et la communiquerons à l’ensemble des candidats avant le Salon de l’agriculture.

Des tâches qui incombaient aux services publics sont transférées vers les entreprises privées