Abonné

Gestion de l’eau : l’irrigation, « une solution, pas un problème »

- - 3 min

Irrigants de France a défendu le stockage de l’eau dans un contexte de changement climatique, le 21 novembre lors du congrès du maïs à Mulhouse (Haut-Rhin).

L’irrigation doit être « reconnue comme une vraie solution, pas un problème », a considéré Éric Frétillère, président d’Irrigants de France. Et d’expliquer son « rôle majeur » vis-à-vis de l’environnement : elle permet d’accroître la biomasse produite et donc de stocker plus de carbone. L’irrigation représente un enjeu sociétal, selon lui, car la gestion de l’eau conditionne la durabilité des exploitations, des filières. « La problématique de l’eau concerne toute l’agriculture », a-t-il appuyé. « Aujourd’hui, la société demande des produits locaux », donc « il faut de l’eau localement ».

Plusieurs congressistes ont exprimé leur colère face au blocage de projets de stockage par des associations. En réponse, le député Adrien Morenas, président de la mission d’information sur la ressource en eau, a soulevé une proposition de son rapport de juin visant à « instaurer des zones géographiques stratégiques » dans lesquelles tout projet validé par l’administration deviendrait inattaquable.

Financement par les agences de l’eau

Laurent Roy, directeur général de l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, a, lui, affirmé n’avoir « pas d’opposition de principe aux retenues d’eau ». Encore faut-il répondre aux besoins de tous les usagers, selon lui, et avec un projet de substitution, c’est-à-dire basé sur un prélèvement dans une ressource en eau non problématique. « On n’est pas un outil de financement de projets agricoles », a soutenu Laurent Roy, rappelant que les agences de l’eau sont financées à 80 % par les utilisateurs d’eau du robinet.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

changement climatique
Suivi
Suivre

D’autres fonds sont mobilisables, auprès des régions, de l’Union européenne via le Feader. « L’agence de l’eau a vocation à financer des projets de substitution », a insisté Laurent Roy. Une approche contestée par Irrigants de France. Ce qui pousse Éric Frétillère à qualifier d’« assez décevant » le rapport de la cellule d’expertise sur la gestion de la ressource en eau, rendu en septembre par le préfet Bisch. Irrigants de France, bien que favorable aux projets de territoires, juge « pas acceptable de limiter le financement à des projets de substitution » et avec « une baisse de l’irrigation de 10 % ».

Une bataille annoncée sur le front de la Pac

La France va devoir batailler pour faire mieux prendre en compte l’eau dans les politiques publiques, notamment via le Feader (fonds européen), a prévenu le député européen Michel Dantin, s’exprimant au congrès du maïs dans une vidéo. « La bataille (sur la Pac) va être compliquée », d’après lui. En cause, les pays du nord de l’Europe qui ont compris l’« avantage compétitif » dont ils bénéficient grâce à un accès facile à l’eau. « Les citoyens européens ne sont pas conscients de l’importance de l’irrigation », a pour sa part déclaré le secrétaire général d’Irrigants d’Europe Adriano Battilani. « C’est considéré trop souvent comme une menace pour l’environnement et un coût pour la collectivité. »