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Interview Giuseppe Lavazza, vice-président de Lavazza : « Nous visons les 2,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2020 »

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Lavazza (1,9 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2016) veut jouer un rôle de plus en plus actif dans le processus de consolidation à l’œuvre dans le monde du café. Mais en jouant sa propre partition : préserver son indépendance, limiter son endettement, investir dans la production, dans ses marques et dans la croissance externe. Pour cela, le groupe familial dispose aujourd’hui de 600 millions d’euros de cash, qu’il peut mobiliser et compléter éventuellement par une dette raisonnable. Si, en 2017, Lavazza va se concentrer sur la finalisation de l’intégration de Carte noire, le leader du café en France acquis en mars 2016, et du danois Merrild, acquis en 2014, les acquisitions sont toujours à l’ordre du jour. Lavazza a ainsi annoncé le 26 mai une prise de participation de 80 % dans le spécialiste canadien du café biologique Kicking Horse. Pour Agra Alimentation, Giuseppe Lavazza, vice-président du groupe familial détaille les résultats obtenus en 2016 et les projets de l’entreprise.

Lavazza (1,9 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2016) veut jouer un rôle de plus en plus actif dans le processus de consolidation à l’œuvre dans le monde du café. Mais en jouant sa propre partition : préserver son indépendance, limiter son endettement, investir dans la production, dans ses marques et dans la croissance externe. Pour cela, le groupe familial dispose aujourd’hui de 600 millions d’euros de cash, qu’il peut mobiliser et compléter éventuellement par une dette raisonnable. Si, en 2017, Lavazza va se concentrer sur la finalisation de l’intégration de Carte noire, le leader du café en France acquis en mars 2016, et du danois Merrild, acquis en 2014, les acquisitions sont toujours à l’ordre du jour. Lavazza a ainsi annoncé le 26 mai une prise de participation de 80 % dans le spécialiste canadien du café biologique Kicking Horse. Pour Agra Alimentation, Giuseppe Lavazza, vice-président du groupe familial détaille les résultats obtenus en 2016 et les projets de l’entreprise.

Quel bilan faites-vous de l’année 2016 pour Lavazza ?

Le groupe Lavazza a atteint un chiffre d’affaires record de 1,9 milliard d’euros en 2016, dont 60 % hors d’Italie, et une progression à périmètre équivalent très supérieure au marché du café. Le résultat d’exploitation atteint 61,7 millions d’euros contre 46 millions d’euros en 2015. Nous sommes très satisfaits car tous les engagements que nous avions pris sont tenus et notre indépendance comme groupe familial est préservée. Le principal événement est l’acquisition d’un bijou, Carte noire, le symbole du café français. Cela nous permet d’atteindre une taille critique et une véritable stature internationale.

Prévoyez-vous des opérations de croissance externe en 2017 ?

En 2017, nous allons nous concentrer sur nos acquisitions récentes, Carte noire et Merrild. Nous avons un plan de croissance qui prévoit d’arriver à 2,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour le groupe en 2020, avec une amélioration du ratio entre le chiffre d’affaires en Italie et celui hors de nos frontières qui devra atteindre 70 %. Ce que nous avons fait en France doit nous servir de modèle pour notre développement dans d’autres pays. Mais aujourd’hui, je ne sais pas sur lequel de nos marchés stratégiques – France, Australie, Allemagne, Royaume-Uni et États-Unis – ce développement se fera. Rien n’est décidé pour l’instant.

Comment financez-vous vos acquisitions ?

Nous avons une politique très prudente en matière de dette. Pour Carte noire, nous avons sollicité un pool de banques italiennes qui nous a prêté 400 millions d’euros à des taux tellement bas qu’il était impossible de refuser une telle offre ; et nous avons apporté 300 millions en cash. Nous avons actuellement 600 millions d’euros en cash que nous pouvons mobiliser pour des opérations de croissance externe.

Quels investissements consacrez-vous à vos sites industriels ?

Nous investissons chaque année environ 100 millions d’euros dans nos usines, en rénovation et modernisation des outils. Cela a été le cas sur nos sites italiens de Gattinara et de Settimo Torinese, ce dernier ayant été entièrement refait, et c’est aussi le cas à Lavérune qui a reçu 16 millions d’euros depuis son acquisition en mars 2016. Les investissements sont aussi dirigés vers l’efficacité énergétique des sites et tout ce qui peut contribuer à une production de café respectueuse de l’environnement. Par exemple, sur notre nouvelle ligne de capsules compatibles Nespresso, nous avons réduit d’un tiers les emballages des produits.

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Que change l’acquisition de Carte noire pour Lavazza ?

La France est maintenant notre premier marché étranger avec 20 % de notre chiffre d’affaires. Lavazza change donc de dimension en acquérant Carte noire. En France, nous allons désormais gérer le développement de deux marques en grande distribution, alors qu’avant, nous n’avions que Lavazza. Nous voulons au maximum préserver l’indépendance de la marque Carte noire qui est un atout sur le marché français et explorer, pourquoi pas, des marchés étrangers, comme nous le faisons en Italie où nous commençons à distribuer Carte noire. En fait, c’est un très grand changement qui va nous servir de modèle pour l’avenir.

Lavazza veut jouer sa partition dans un monde du café en consolidation

« Notre rêve est de créer un groupe multimarque dans le café, afin d’être à la fois global et indépendant », a expliqué Antonio Baravalle, directeur général du groupe Lavazza, à l’occasion d’une visite du site de production de Carte noire à Lavérune (Hérault) le 16 mai. Pour ce professionnel sollicité par la famille Lavazza pour la direction opérationnelle de l’entreprise, il ne fait pas de doute que Lavazza doit garder son indépendance dans un marché en pleine consolidation depuis ces dernières années. Même si ce marché est dominé par des géants tels que Nestlé, JDE ou Starbucks, Lavazza détient un « potentiel global » avec ses 27 milliards de tasses de café vendues l’année dernière dans 90 pays. Pour cela, il peut s’appuyer sur ses dernières acquisitions tels que les « bijoux locaux » Carte noire ou Merrild (Agra Alimentation du 17 mars 2016). Au printemps 2016, Antonio Baravalle indiquait que son groupe avait dépensé deux milliards d’euros en croissance externe et en investissement sur les 24 derniers mois. Le groupe, peu endetté, disposait à la fin 2016 d’une trésorerie de 687 millions d’euros.

114,4 millions d’euros pour mettre la main sur le canadien Kicking Horse Coffee

Pour le groupe Lavazza, la politique de croissance externe à l’international ne connaît pas de pause. Le 26 mai, il a annoncé l’acquisition de 80 % du spécialiste du café biologique et équitable au Canada, Kicking Horse Coffee. La valeur de l’entreprise étant estimée à 215 millions de dollars canadiens (143,02 millions d’euros), la mise de l’italien correspond à 114,4 millions d’euros. La transaction s’est faite auprès « du fonds de capital d’investissements Swander Pace Capital, qui avait d’abord acquis le placement en 2012 en partenariat avec Jefferson Capital et United Natural Foods », selon le groupe Lavazza. Le cabinet d’avocats Blake, Cassels and Graydon LLP à Toronto, J.P. Morgan Limited à titre de conseiller financier, Boston Consulting Group au titre de conseiller stratégique et PWC pour la fiscalité et la comptabilité ont été sollicités par Lavazza pour cette acquisition.

L’entreprise Kicking Horse Coffee, basée à Invermere, en Colombie-Britannique, a fêté ses vingt ans d’existence en 2016. Ella a été fondée par Elana Rosenfeld, qui conserve une participation en capital de 20 % et occupera le poste de directrice générale.

Lavazza qualifie la transaction d’« étape importante pour l’évolution de la stratégie en Amérique du Nord » qui fait partie des marchés clés de l’entreprise. Elle lui permet aussi de se positionner sur une tendance affirmée en matière de consommation. « En ce moment, le café bio et équitable est l’une des tendances les plus dynamiques à l’échelle internationale, et particulièrement en Amérique du Nord. Kicking Horse Coffee est un chef de file dans ce secteur et la marque est tout à fait complémentaire au portefeuille de Lavazza », a déclaré Antonio Baravalle, directeur général du groupe Lavazza et prochain président de Kicking Horse Coffee.