L'entreprise de l'Isère vient d'être reprise par le Breton Christophe Delmotte. Séduit par un outil industriel qui a la capacité de tripler ses volumes et un potentiel produits intéressant, le nouveau dirigeant entend maintenir le rythme de 20 % par an.
QUAND j'ai vendu mon entreprise Delmotte Pâtisseries basée à Broons en Bretagne en 2010, je cherchais une autre société à reprendre, se souvient Christophe Delmotte. Glaces de Lyon, implantée à Salaise-sur-Sanne, filiale de la holding GMS, également actionnaire de Glaces des Alpes, était à vendre. Le groupe souhaitait scinder les activités des deux structures pour stopper les conflits d'intérêt. Glaces de Lyon fournit uniquement des glaces en marque distributeur. Glaces des Alpes est positionnée sur les produits à marque propre. Le métier de Glaces de Lyon montrait des similitudes avec mon activité précédente dans la pâtisserie surgelée. La société évoluait sur un marché haut de gamme. Son outil de production était en bon état et présentait de belles capacités. »
Accompagné par Bpifrance et Crédit Agricole Régions Investissement (25 % du capital), Christophe Delmotte a conclu l'affaire mi-juin, prenant les 75 % du capital restant.
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Le dirigeant a déjà investit dans un service de R & D piloté par un pâtissier afin de développer des nouveaux produits. « La majeure partie de notre chiffre d'affaires est réalisée durant l'été mais nous souhaitons créer de nouvelles gammes de produits, comme les bûches et les vacherins glacés, pour la période des fêtes de fin d'année. Un créneau que l'entreprise n'a pas encore investit », avance Christophe Delmotte. Un commercial vient également d'être embauché pour booster les ventes. « Mainte-nant que la stratégie et le métier de Glaces de Lyon sont lisibles auprès des distributeurs, nous pouvons engager des actions commerciales fortes. » L'outil de production peut tripler ses capacités, aujourd'hui estimées à 1 700 tonnes de glaces par an. « L'usine est en un-huit et il y a 24 heures dans une journée… », avance Christophe Delmotte qui entend apporter sa méthode et son expérience industrielle à Glaces de Lyon. Il a prévu d'investir 1 million d'euros dans les trois ans dans cet outil industriel, « principalement dans nos capacités de surgélation qui sont un peu faibles. »
Affirmant détenir 0,8 % de parts de marché, entre les géants comme Nestlé et Unilever d'un côté et quelque 400 artisans de l'autre, le dirigeant de la PME industrielle entend conquérir de nouveaux marchés et continuer à progresser de près de 20 % par an. « Avec un chiffre d'affaires de 6,8 millions d'euros en 2013, l'entreprise croît de 20 % chaque année depuis trois ans, avec des résultats positifs. C'est un marché qui se tient bien et qui ne connaît pas la crise. » L'entreprise emploie 25 collaborateurs et projette d'embaucher pour répondre aux ambitions de croissance du nouveau dirigeant.