La société Global Bioenergies, qui développe surtout des procédés de production de biocarburants, a annoncé qu’elle lancera dès juin sa marque de produits de maquillage, issus de sucres végétaux.
Dans le domaine des cosmétiques, un pas décisif a été franchi en France par Global Bioenergies. Cette société qui industrialise des procédés de production d’hydrocarbures issus du végétal, a annoncé le 4 mai qu’elle lancera dès juin sa marque de produits de maquillage longue durée, fabriqués à partir de fermentations de sucres végétaux. La marque, dénommée « Last » ("durer" en anglais), comprendra une gamme de 18 références, qui serait « la première au monde à combiner longue tenue, absence de transfert, résistance à l’eau et naturalité pour le maquillage des yeux ».
Cette performance « repose essentiellement sur l’utilisation de l’isododécane renouvelable produit par la société comme ingrédient majoritaire des formules ». L’isododécane est habituellement issu de l’isobutène pétrolier, une molécule largement utilisée dans les domaines de l’énergie et des matériaux, mais aussi de la cosmétique. Depuis sa création en 2008, Global Bioenergies développe un procédé pour convertir les résidus sucriers et céréaliers, et demain du miscanthus ou des pailles ou copeaux de bois en isobutène, surtout pour les biocarburants.
La cosmétique comme étape
Dans le plan de développement présenté en conférence de presse le 5 mai, par le directeur général et fondateur, Marc Delcourt, la cosmétique est présentée comme un tremplin vers d’autres débouchés. Car en cosmétique, le prix de la matière première biosourcée n’est pas un obstacle rédhibitoire pour une usine de taille modeste. La cosmétique permettrait donc à Global Bioénergies de mettre le pied à l’étrier de la production d’isobutène, et de diminuer ses coûts de production pour devenir compétitifs sur d’autres marchés plus exigeants.
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La première étape du plan est le lancement de la marque en 2021. La deuxième étape sera la montée en puissance de la production en 2022-2023, effectuée dans un démonstrateur à Leuna en Allemagne, pour atteindre une commercialisation de 200 millions d’unités de produits par an. L’étape 3 consistera à pousser encore plus loin la production, dans une petite usine de 10 000 tonnes d’isododécane par an à l’horizon 2024-2025.
À partir de ce volume, Global Bioénergie pourra s’attaquer aux biocarburants aéronautiques. « Une usine de 10 000 tonnes serait la bonne taille pour tester les biocarburants aéronautiques », a précisé Marc Delcourt. « Une usine de 100 000 tonnes se révélera alors nécessaire. Il faudrait qu’elle soit implantée au cœur d’un bassin de production agricole pour sécuriser l’approvisionnement », a évoqué le fondateur de Global Bioenergies.