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Global Bioenergies va changer d’échelle dans la production d’isobutène d’origine végétale

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Les équipements du site de Pomacle permettent de produire de l'isobutène bio-sourcé. Crédits : © Global Bioenergies

  Avec son isobutène dérivé de la mélasse de l’industrie betteravière, Global Bioenergies compte alimenter les fabricants de cosmétiques, et s’adresser aux marchés du sport automobile et du transport aérien en quête de carburants moins polluants. Une levée de fonds entre 50 et 100 millions d’euros est prévue dans les prochains mois.

Quel est le point commun entre la cosmétique, le sport automobile et le transport aérien ? Ils sont tous trois en recherche d’alternatives moins polluantes pour fabriquer leurs produits ou faire fonctionner leurs véhicules. Et tous trois ont recours à l’isobutène et ses dérivés pour remplacer les produits issus de la pétrochimie voués à disparaître.

C’est justement le terrain de jeu de Global Bioenergies (1), qui a mis au point un procédé de production de l’isobutène et de ses dérivés à partir de la mélasse de l’industrie sucrière. « La mélasse, sucre de qualité industrielle, qui représente environ 20% de la production de sucre en France, soit 1 million de tonnes par an, est aussi utilisée pour produire de l’éthanol ou des levures », souligne Marc Delcourt, co-fondateur et directeur général de Global Bioenergies, hébergé au sein du Genopole d'Evry (Essonne). « Mais nous avons d’ores et déjà réalisé des tests qui nous ont montré que nous étions aussi capables d’extraire l’isobutène du glucose de blé ou de sucres de deuxième génération issus de la paille ou des copeaux de bois », poursuit Marc Delcourt.

Cosmétiques et carburants

Le premier débouché concrétisé par Global Bioenergies est la cosmétique, grâce à l’isododécane, dérivé de l’isobutène, ingrédient clé des maquillages longue tenue. Et le 30 mars 2023, la société a annoncé le lancement d’une nouvelle molécule, l’isohexadécane, également destiné à la cosmétique et présentant des propriétés proches du silicone. Ces molécules sont produites sur le site industriel de Global Bioenergies à Pomacle (Marne), tout proche de la sucrerie de Cristal Union, à raison de 2 tonnes par semaines. L’Oréal est un des principaux clients de la société qui se concentre sur l’isobutène, ingrédient clé de l’industrie cosmétique.

Autre débouché de l’isobutène bio-sourcé : les carburants. « Nous visons en particulier le sport automobile et moto qui doit se convertir aux carburants alternatifs d’ici 2026 et 2027, et à plus long terme, le transport aérien qui introduit progressivement des carburants alternatifs », détaille Marc Delcourt. L’isododécane bio-sourcé peut être incorporé à hauteur de 50% dans le carburant jusqu'à présent utilisé pour les avions à réaction.

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La faible compétitivité de l’isobutène bio-sourcé par rapport aux dérivés pétroliers est le principal obstacle rencontré aujourd’hui par Global Bioenergies, mais la montée en puissance des volumes produits doit permettre d’abaisser les coûts de production. « Nous prévoyons de nous doter d’un site de production d’une capacité de 2000 tonnes par an d’ici la mi-2026, qui nécessitera un investissement compris entre 50 et 100 millions d’euros », indique Marc Delcourt. Ce projet, porté par une filiale à 100% de Global Bioenergies, va nécessiter une levée de fonds en capital et en dette du même montant, qui sera réalisée d’ici l’été 2023 auprès de fonds d’investissement, d’industriels et de partenaires bancaires.

Et à plus longue échéance, la société prévoit de se doter d’un site bien plus important d’une capacité de 30 000 tonnes par an pour produire à destination du secteur aérien. Une co-entreprise (ViaViridia) a été créée avec Cristal Union pour mener à bien ce projet, qui devrait être situé près d’un site de l’industriel sucrier.

(1) La société est cotée sur Euronext Growth Paris et son capital est détenu à 13,78% par Bold, le fonds d'investissement de l'Oréal et à 2,63% par Marc Delcourt, DG et cofondateur, le solde (82,17%) étant dans le public.