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Alimentation animale Glon-Sanders entend « trouver des solutions pour être là demain »

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La flambée actuelle des cours des céréales touche les fabricants d’aliments composés. Sanders (groupe Glon) a décidé de réagir ouvertement en important des céréales de l’étranger pour « mettre fin à la spéculation sur les prix ». Pour « assurer la pérennité des élevages », le fabricant expérimente par ailleurs de nouvelles compositions de ses aliments en incorporant les co-produits issus des biocarburants. Afin de motiver les éleveurs et ses technico-commerciaux dans l’optimisation des résultats des exploitations, le groupe a lancé depuis un an le challenge « Hommes de valeurs ».

«Face à des situations dramatiques, il faut trouver des solutions pour être encore là demain », insiste le 4 septembre Bernard Mahé, directeur national du fabricant d’aliments Sanders (groupe Glon). En ligne de mire : la flambée du cours des matières premières et surtout des céréales. Dans ce contexte difficile pour le monde de l’élevage, Sanders réagit. Le groupe a annoncé le 22 août qu’il importe du maïs en provenance du Brésil. 35 000 tonnes sont arrivées le 25 août à Lorient. D’autres bateaux doivent suivre dans les prochaines semaines, en sorgho notamment. Objectif pour le fabricant d’aliment : s’approvisionner à un moindre coût, mais aussi « mettre fin à la spéculation actuelle sur le cours des céréales ». « Des céréales dont le prix s’échelonne entre 100 et 200 euros la tonne, d’accord, mais au-delà c’est de la pure spéculation », estime Bernard Mahé. « Nous souhaitons travailler avec le maximum de céréales françaises mais dans la limite du raisonnable », ajoute-t-il. « Nous avons une politique volontariste sur ce dossier en agissant ouvertement », explique-t-il, en soulignant que « les autres fabricants d’aliments font de même mais sans en parler ». Sanders assure par ailleurs que ses importations ont la même qualité, sans OGM, que les céréales françaises. Et le blé ? « Pour l’instant, il n’y en a pas sur le marché, donc nous ne pouvons pas en importer actuellement », confie Bernard Mahé, sans en exclure la possibilité dans quelques mois.

Co-produits des biocarburants

Parallèlement, pour limiter l’impact de la hausse des cours de céréales, les équipes de recherche de Sanders travaillent sur de nouvelles compositions des aliments, pour « optimiser les résultats technico-économiques des élevages ». Le centre de Sourches (Sarthe), qui s’étend sur 220 hectares, est un élément clef de cette recherche de nouvelles solutions. A travers 5 stations expérimentales (lait, porcs, bovins viande, volailles de ponte, volailles de chair et lapins), les équipes techniques mènent différents essais et élaborent des aliments expérimentaux. « Nous travaillons actuellement sur les nouvelles matières premières qui s’offrent à nous, comme les co-produits des biocarburants », explique Jo Le Beller, responsable du métier poule pondeuse chez Sanders. Objectif : remplacer une partie des céréales par des drêches de blé ou des tourteaux de colza pour compenser en partie l’augmentation du prix de l’aliment.

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Challenge « Hommes de valeurs »

« Assurer la pérennité des élevages » passe également depuis un an par le challenge « Hommes de valeurs ». Objectif de ce concours : motiver les éleveurs et les technicos-commerciaux régionaux pour générer, preuves à l’appui, des gains de productivité et de qualité dans les exploitations. 110 dossiers, présentés par des binômes éleveurs / technico-commerciaux du réseau Sanders, ont été déposés à la fin du printemps. 40 binômes ont été nominés et le jury composé d’ingénieurs Sanders et d’éleveurs a retenu 23 lauréats qui ont reçu leur récompense le 4 septembre à Sourches. Les solutions de Sanders pour « être là demain », n’empêchent pas le fabricant de répercuter les hausses du prix des céréales dans ses aliments. Avec un « résultat net représentant 1 % du chiffre d’affaires, nous n’avons pas d’autres choix », reconnaît Bernard Mahé. Selon lui, depuis le début de l’année, les prix des aliments composés commercialisés par Sanders ont augmenté de 30 % en moyenne, toutes productions confondues.