L’exposition à long terme au glyphosate et aux herbicides à base de glyphosate provoque le cancer chez les animaux de laboratoire à des doses jugées sûres par les autorités européennes, selon une nouvelle étude publiée dans la revue à comité de lecture Environmental Health et menée par l’institut italien Ramazzini. Les chercheurs ont constaté une augmentation statistiquement significative « de multiples tumeurs bénignes et malignes » (leucémie notamment) chez les rats des deux sexes soumis à différents niveaux d’exposition au glyphosate (pur ou sous l’une de ses formules commerciales). Ces résultats ne permettent pas de conclure sur la cancérogénicité chez l’humain, mais les chercheurs estiment qu’ils concordent avec des études épidémiologiques ayant établi une corrélation dans la vie réelle entre l’exposition au glyphosate et l’apparition de cancers. Et de conclure qu’ils fournissent des preuves solides étayant la conclusion du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’OMS selon laquelle, il existe « des preuves suffisantes de cancérogénicité [du glyphosate] chez les animaux de laboratoire ». Pour l’ONG PAN Europe, la Commission européenne et les États membres « ont ignoré ces preuves » qui leur avaient déjà été transmises avant le renouvellement de l’approbation du glyphosate en 2023. Elle exhorte désormais les autorités réglementaires de l’UE à prendre en compte ces conclusions en interdisant le glyphosate.
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PAN Europe a déjà entamé, depuis le mois de décembre 2024, une procédure pour contester devant la Cour de justice de l’UE la réautorisation pour dix ans du glyphosate dénonçant les « graves lacunes » de l’évaluation des risques. Cette nouvelle étude devrait apporter de l’eau à son moulin.