Abonné

Grâce à Crispr, une avancée notoire dans la sélection du riz

- - 3 min

En recourant à la technique Crispr-Cas, une équipe internationale de scientifiques est parvenue à créer une variété de riz performante et résistante à la pyriculariose, principale maladie fongique de cette céréale, la plus consommée au monde.

En partenariat avec une équipe internationale de scientifiques, des chercheurs de l’Université de Californie à Davis (États-Unis) ont utilisé l’outil d’édition génomique Crispr-Cas pour créer des plants de riz aux rendements performants et résistants à la pyriculariose, principale maladie fongique de cette céréale la plus consommée au monde, rapporte une étude de la revue scientifique Nature publiée le 14 juin. « Les maladies des plantes entraînent de graves pertes pour l’agriculture, menaçant la sécurité alimentaire mondiale. À titre d’exemple, la pyriculariose entraîne des pertes de rendement annuelles équivalant à l’alimentation de plus de 60 millions de personnes », souligne l’étude.

Pour remédier à ces pertes, les équipes avaient d’abord créé et séquencé 3 200 souches de riz, chacune possédant diverses propriétés. Parmi ces souches, elles ont découvert une souche « résistante » mais « à faible rendement », retrace un communiqué de l’UC Davis. Après avoir isolé le gène lié à la mutation et utilisé le ciseau moléculaire Crispr-Cas pour recréer cette résistance, les équipes sont parvenues à identifier une variété de riz qui présente désormais des rendements élevés, et une résistance à la pyriculariose.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

génomique
Suivi
Suivre
sécurité
Suivi
Suivre

Des rendements importants

Lors d’essais sur de petites surfaces fortement touchées par cette maladie, « les plants de riz génétiquement modifié ont entraîné des rendements cinq fois plus importants que le riz témoin, endommagé par le champignon », souligne Pamela Ronald, co-autrice de l’étude et professeure au département de pathologie végétale et au centre du génome de l’UC Davis, dans un communiqué de l’université californienne. Pour l’heure, l’optimisation de ce gène ne concerne qu’une variété de riz, à savoir le « Kitaake » qui n’est pas largement cultivé mais est libre de droit. « Nous avons utilisé cette variété car sa croissance est très rapide et nous avions déjà développé une population mutante », précise Pamela Ronald à Agra Presse.

Les chercheurs espèrent toutefois recréer cette mutation chez des variétés de riz fréquemment cultivées, voire cibler le même gène dans le blé pour créer une variété résistante aux maladies. Pour autant, ils ne peuvent se prononcer sur un éventuel intérêt de la part d’entreprises privées, rapporte Pamela Ronald auprès d’Agra Presse.

Les équipes avaient d’abord créé et séquencé 3 200 souches de riz