Conséquence du retard et de l’interruption de la récolte, l’inquiétude grandit aussi en bio sur les rendements et la qualité de la production. Si des fenêtres météo laissent entrevoir par endroit un scénario favorable, de nouvelles précipitations sont aussi annoncées, note-t-on à La Coopération agricole, qui pèse les trois quarts de la collecte nationale en bio. « Une faible proportion des surfaces est récoltée, parfois moins de 10 % notamment au nord de la Loire », indique le responsable des filières biologiques Bastien Fitoussi, en manque d’informations précises à ce stade. « Il y a une nette différence entre ce qui a été moissonné avant et après la pluie. »
En blé tendre, la situation paraît hétérogène, surtout au niveau la qualité : « Le temps de chute de Hagberg est plutôt satisfaisant en Occitanie et à l’Ouest, plus problématique ailleurs à cause de la pluie et une crainte de germination ; avec aussi une dilution de la protéine. Le taux de déclassement en blé fourrager sera plus important que d’habitude, même si cela reste tout à fait gérable ». Globalement les rendements du blé meunier devraient être meilleurs que l’an dernier mais moins bons que le potentiel observé, d’après lui. D’autres espèces inquiètent davantage, comme le triticale, sur l’aspect germination, les protéagineux ainsi que les légumineuses (en particulier les lentilles), du point de vie des rendements qui s’annoncent « très inférieurs aux moyennes ». Le colza apparaît correct dans le Bassin parisien, inférieur aux attentes dans le Sud-Ouest. Les orges semblent bien s’en tirer, à l’exception des qualités brassicoles, décevantes avec des déclassements.
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« Cette campagne très particulière a également pour conséquence d’entraîner un besoin plus important en triage (résultat de parcelles sales) et en séchage, surtout pour les mélanges multi-espèces », ajoute Bastien Fitoussi.