Nos atouts dans l’agroalimentaire ne sont peut-être plus assez bien perçus en France et en Europe, comme s’il n’y avait plus ici et dans le vaste monde que des populations insolvables. La mise en jachère – au propre et au figuré – de plusieurs pans de l’activité agricole, à la fois sous la pression du dehors (quels accords internationaux n’y ont pas contribué ?) et de l’évolution intrinsèque de notre société (au plan démographique, culturel,…) devrait, en bonne logique, renforcer nos raisons de miser sur l’industrie alimentaire et sur l’agro-industrie. Une loi d’orientation agricole n’y suffira pas en tous cas. Que les entrepreneurs ou les professions organisées en sachent plus long sur le sujet et sur les verrous qui les empêchent d’avancer ne fait pas de doute car leur vision est à plus long terme. Mais il ne leur est pas possible de parier seulement sur leurs propres forces pour mener leur stratégie : il leur faut de saines finances publiques, de vrais alliés bancaires et des financiers de bon aloi, de bonnes règles du jeu avec leurs fournisseurs (quelle Pac ? quel type de contractualisation ?) et avec les distributeurs (que d’encre a coulé sur ce sujet mal résolu !), et enfin des partenaires publics et privés de qualité pour pouvoir exporter davantage et pour gagner en avancées technologiques. Bien que «majeur», l’agroalimentaire ne peut pas tout tout seul. Les politiques, dont dépend une bonne part de ces clés de réussite, devraient avoir une vision, des objectifs à partager, oser des initiatives et être inventifs et à l’écoute sur les moyens. Ce ne serait pas du luxe quand pour la première fois la croissance du secteur est négative (quid de ses emplois, demain ?). Pourtant on ne voit rien venir…
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.