Face à l’inflation et au risque de pénurie de blé causées par la guerre en Ukraine, la Côte d’Ivoire entend miser sur l’utilisation de denrées locales, notamment de la farine de manioc pour fabriquer la baguette de pain. Avec 6,4 Mt produites chaque année en Côte d’Ivoire, le manioc est la deuxième culture locale après l’igname. À travers cette alternative, « il s’agit de penser à long terme, à notre sécurité alimentaire, il s’agit de penser comment la Côte d’Ivoire va faire en sorte d’être moins dépendante des cours mondiaux », explique Ranie-Didice Bah Koné, secrétaire exécutive du Conseil national de lutte contre la vie chère. Toutefois, « le pari n’est pas gagné. Car pour l’Ivoirien, un pain au manioc est associé à un pain de mauvaise qualité. Il va falloir sensibiliser les consommateurs à ces nouvelles saveurs », estime René Diby, boulanger. De son côté, Jean-Baptiste Koffi, président de la confédération des consommateurs de Côte d’Ivoire, voit en cette opportunité une chance « de relancer la production de manioc et de maintenir le niveau du prix du pain ». En 2021, l’État ivoirien avait dépensé 10 % de son budget national (152 Md€) à l’importation de denrées alimentaires.
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