Modifications des assolements, pertes de rendement, baisse de qualité : le renchérissement des engrais azotés risque d’avoir de nombreux effets sur les grandes cultures, a estimé le 17 novembre la société de conseil Agritel. Le blé connaît en France « une augmentation de plus de 20 % de son coût de production » à 241 $/t pour la récolte 2022, a indiqué la consultante Isaure Perrot lors d’une visioconférence. Cette évolution est liée au poste engrais azotés, qui grimpe à 65 $/t (contre 23 $/t l’année précédente). Résultat, des baisses d’assolement sont prévues en blé, idem pour d’autres cultures gourmandes en azote. Agritel table sur des surfaces en retrait pour le blé (environ -110 000 ha par rapport à 4,974 Mha en 2021), l’orge d’hiver (quelque -90 000 ha par rapport à 1,197 Mha), le maïs (près de -50 000 ha par rapport à 1,497 Mha) ; en hausse pour l’orge de printemps (+100 000 ha par rapport à 532 000 ha), le tournesol (quelque +50 000 ha par rapport à 699 000 ha). Autre impact, les agriculteurs risquent de lever le pied sur la fertilisation azotée. Cela peut nuire au rendement, à la teneur en protéines du blé tendre, réduisant la qualité meunière. A l’échelle mondiale, Agritel anticipe une production des huit plus gros exportateurs réduite « de plus de 10 Mt » en blé (à 400,5 Mt) uniquement à cause des engrais azotés.
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