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STRATÉGIE/EPICERIE Grand'Mère lance un co-branding avec Loué

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Affectée par une hausse sans précédent du prix du blé dur l'an passé, la PME familiale Heimburger, connue pour les pâtes d'Alsace Grand'Mère, mise sur le haut de gamme pour restaurer ses marges. Et s'allie à Loué, une marque qui lui offre de meilleures perspectives que la seule image de terroir alsacien à l'échelon national.

Cuisinés avec des œufs frais, les pâtes d'Alsace jouissent d'une réelle notoriété au-delà des frontières régionales, mais sont de moins en moins consommées dans l'hexagone. « Nos volumes progressent à l'export, qui pèse 20 % de nos ventes, mais baissent en France », commente Philippe Heimburger, p.-d.g. de l'entreprise éponyme. Pour regagner du terrain dans les linéaires, et dans l'assiette des consommateurs, la société mise sur le premium, et sur la signature des œufs de Loué. Elle lance en effet une gamme de pâtes « à l'ancienne » aux œufs de Loué et au blé dur 100 % français, qui comprend des formes de pâtes inédites, travaillées pour bien tenir la cuisson et bien accrocher la sauce. Les pâtes d'Alsace sont environ deux fois plus chères que les pâtes à la seule semoule de blé dur, ce qui pèse sur la consommation. Mais cette barrière tombe quand il s'agit de produits haut de gamme destinés à des clients aisés, estime Philippe Heimburger, qui indique que la nouvelle gamme sera vendue 15 à 20 % plus cher que des pâtes d'Alsace classiques.

PARTENARIAT AVEC LES ŒUFS DE LOUÉ

« Nous allons commencer par couvrir le nord de la France car il faut organiser la production d'œufs de Loué. Sur 1 000 agriculteurs, la coopérative comptait 200 producteurs d'œufs et dix autres s'y sont mis pour notre projet », se félicite le dirigeant. La signature de Loué, qui ouvre les portes de la distribution, sera aussi mise en valeur auprès du consommateur avec une campagne de bons de réduction directement dans les boîtes d'œufs. « Avec cette gamme, nous proposons une nouvelle offre sur les pâtes difficilement réplicable en MDD et donc une vraie différenciation », explique Philippe Heimburger.

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LA CRISE DU BLÉ DUR A PESÉ EN 2014

Heimburger, qui emploie 90 personnes, annonce un chiffre d'affaires de 21 millions d'euros pour 2014 (dont 80 % en GMS), en retrait de 4 %. Comme toutes les entreprises du secteur, la PME a été très secouée par la forte hausse du prix du blé dur (1), à laquelle se sont ajoutées des tensions sur les œufs frais en fin d'année du fait des foyers de grippe aviaire en Allemagne et aux Pays-Bas. « Nous sommes en train de clôturer les comptes mais si nous arrivons à l'équilibre, ce sera une vraie prouesse », estime le dirigeant. Heimburger fait partie des six producteurs de pâtes qui restent en France. L'enjeu de la nouvelle gamme consiste à retrouver de la valeur et, à moyen terme, à pérenniser un savoir faire.

(1) Avec des volumes de blé dur disponible en recul de 20 %, les prix ont augmenté de plus de 50 % l'an passé. Or, les matières premières représentent jusqu'à 75 % du prix de revient des pâtes alimentaires.