Abonné

Grands carnivores : les États membres tentent de revenir à la charge

- - 2 min

C’est presque devenu un marronnier : chaque année des États membres demandent à la Commission européenne des marges de manœuvre pour faire face aux populations croissantes de grands carnivores, et en particulier de loups. Cette fois, ce sont les ministres de l’Agriculture de l’Autriche, de la Croatie, de la Finlande, de la Hongrie, de la Lettonie, de la Roumanie et de la Slovaquie qui ont réclamé, lors de la réunion du Conseil Agriculture le 26 septembre à Bruxelles, de réexaminer la législation actuelle. Ils ont porté trois principales requêtes : la révision du statut de protection stricte du loup dans le cadre de la directive Habitats, des fonds supplémentaires en dehors de la Pac pour financer des mesures de protection des troupeaux, et la mise en place d’un système de surveillance européen harmonisé. Des demandes qu’ils avaient déjà portées en novembre 2021. Plusieurs ministres y ont apporté leur soutien : France, Espagne, Italie, Lituanie, Estonie, Slovénie…

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre

Lire aussi : Loups : la Commission européenne présente un guide pour aider les États membres

Mais, comme à l’accoutumée, la réponse de la Commission européenne est sensiblement la même : des dispositions permettent déjà aux États membres de faire face aux problèmes de coexistence entre grands carnivores et élevage extensif. Virginijus Sinkevičius, le commissaire européen à l’Environnement, a rappelé les dérogations (« dûment justifiées ») déjà prévues par la législation pour la gestion des populations de grands prédateurs, et a rappelé les aides disponibles : la Pac permet de soutenir des actions de prévention, les programmes LIFE pour l’environnement peuvent venir en complément et les aides d’État vont jusqu'à couvrir 100 % des coûts de compensation en cas de pertes. Concernant la surveillance des populations : « Le loup est une des espèces les plus surveillées en Europe » et la Commission incite déjà les États membres à mener une surveillance transfrontalière, répond le commissaire européen. Il admet toutefois que le retour du loup constitue un défi pour le monde agricole et rappelle qu'« un réexamen de notre politique est prévu ». Rendez-vous dans un an ?