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Grands Vins Boisset veut redynamiser Moncigale

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Le groupe familial Grands Vins Boisset est depuis peu le propriétaire de Moncigale. Une opération de croissance externe qui lui permet de compléter son portefeuille dans le rosé de Provence, une activité qu’il compte bien développer à l’export, mais aussi de mettre un pied dans les boissons aromatisées à base de vin (BABV), avec la marque Fruits And Wine et les contenants alternatifs, comme les canettes de vin.

Entamée à l’automne, les négociations pour la reprise de Moncigale par Grands Vins Boisset auprès de Marie Brizard Wine & Spirits (MBWS) viennent de se concrétiser, pour un montant tenu secret. Fondée en 1921, Moncigale, basé à Beaucaire – « idéalement installé au carrefour de la Provence et du Languedoc », rappelle le repreneur – « est un producteur majeur de ces deux régions, avec en Provence notamment, la marque de rosé Moncigale ». Il s’agit d’une acquisition stratégique pour le groupe familial Grands Vins Boisset, qui cherchait depuis quelque temps déjà à conforter ses positions dans cette zone géographique et à prendre pied dans le rosé, notamment de Provence, un marché en forte croissance en France, mais aussi à l’international. Historiquement installé en Bourgogne, le groupe a progressivement étendu ses activités dans les terroirs voisins, le Chablis, le Jura, le Beaujolais, le Rhône, le Languedoc-Roussillon, et même aux Etats-Unis (Napa Valley et Sonoma). Ses domaines couvrent aujourd’hui 1 000 hectares. Le groupe Grands Vins JC Boisset a réalisé un chiffre d’affaires de 350 millions d’euros en 2020, dont 70 % à l’export, prioritairement aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Scandinavie et au Canada. Les vins tranquilles représentent l’essentiel de la production du groupe, aux côtés des vins effervescents, (crémants de Bourgogne, crémants du Jura et vins effervescents français) « qui prennent chaque année une part plus importante ».

S’attaquer à l’export

Outre les 130 salariés, dont une bonne partie à la production, le périmètre de reprise de Moncigale comprend l’ensemble des actifs et les marques, mais pas de vignobles. « Moncigale travaille en partenariat avec une centaine de producteurs locaux. L’approvisionnement en Provence devient de plus en plus délicat, mais Moncigale est une vieille maison, centenaire cette année et donc bien établie dans son terroir », confie Jean-François Curie, directeur général de Boisset. Ce dernier confirme en outre que le repreneur s’est engagé lors de l’acquisition sur le maintien des équipes, qui « seront d’ailleurs plutôt redéployées dans le cadre de la stratégie de développement de la société ».

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Selon les derniers chiffres publiés à l’automne par MBWS, Moncigale affichait en 2019, un chiffre d’affaires en baisse de 15 % à 72,2 M€ et dégageait un Ebitda négatif. Une santé précaire, que confirme Jean-François Curie, sans donner de chiffres plus récents. « La société Moncigale n’est pas profitable et a vu son activité ralentir ces dernières années. Mais elle a beaucoup d’atouts, il faut surtout la redynamiser. Nous avons bon espoir de voir l’activité redémarrer en France, avant de nous attaquer à l’export, où Moncigale est absent, explique le dirigeant. Nous sommes en train de regarder plus en détail les besoins d’investissements industriels, commerciaux et marketing, pour donner à cette marque tous les moyens nécessaires pour assurer son développement. » Ce dernier ne chiffre pas, pour le moment, le montant des investissements futurs. « Notre travail est aussi bien stratégique qu’opérationnel. » Jean-François Curie a d’ailleurs bon espoir « que Moncigale redevienne bénéficiaire en 2022, sinon en 2023 ». Grands Vins Boisset compte s’appuyer sur ses capacités de distribution pour déployer Moncigale à l’international.

De nouveaux savoir-faire

En plus du rosé de Provence, dont la production annuelle représente plusieurs dizaines de millions de cols, cette acquisition permet à Grands Vins JC Boisset de pénétrer de nouveaux marchés tels que les Boissons aromatisées à base de vin (BABV), avec la marque Fruits And Wine. « Les BABV ont beaucoup de potentiel à l’international, c’est un marché qui se développe », confie Jean-François Curie. Et d’évoquer également des perspectives dans « le wine seltzer », un produit encore inconnu en France, que s’apprête d’ailleurs à lancer Café de Paris (Groupe InVivo Wine) au printemps. Dans la corbeille, le repreneur de Moncigale a également gagné de nouveaux savoir-faire dans les contenants alternatifs aux bouteilles, comme les BIB et les poches, mais aussi les canettes. « Moncigale est un pionnier du vin en canettes, confirme Jean-François Curie, il a été le premier en France à s’équiper d’une ligne de production pour canettes. Tout en poursuivant l’embouteillage à façon qui existe actuellement, nous avons d’autres projets additionnels, des nouveaux produits, des nouvelles marques, concepts et recettes autour du vin. » Ce dernier vise un chiffre d’affaires proche de 400 millions d’euros pour Grands Vins Boisset en 2021.