C’est autour du 7 septembre que les promoteurs de la grève du lait entendent lancer leur mouvement. Fantasme d’activiste pour les uns, outil revendicatif et médiatique efficace pour les autres, cette grève ne laisse personne indifférent. Au sein même du syndicalisme majoritaire, dont les dirigeants ne cessent de dénoncer ce qu’ils considèrent comme « une grande illusion » pour augmenter le prix du lait, la campagne pour cette grève a jeté le trouble.

Les réunions organisées en régions ont drainé beaucoup de monde, y compris des adhérents ou sympathisants de base de la FNSEA. À leurs yeux, les avocats de la grève donnaient en tout cas l’impression de ne pas se résigner, de se mobiliser encore pour augmenter le revenu des éleveurs, face à une FNSEA-FNPL gênée de défendre un accord interprofessionnel, très imparfait sans doute, mais qui avait le mérite d’exister.
Il est toujours tentant de tabler sur un « grand soir », une grande grève qui va tout chambouler, faire réviser la politique européenne et redresser le prix payé jusqu’à 400 euros les 1 000 litres. La réalité est plus incertaine. D’une part, une grève n’est vraiment efficace que si elle bloque un outil de production. Or, avec, au mieux, quelques dizaines de pour-cent d’agriculteurs, ce mouvement ne bloquera pas grand-chose et pourrait tout au plus gêner certaines productions. En second lieu, il faut pouvoir durer, ce qui est loin d’être possible pour les agriculteurs les plus en difficulté quant à leur trésorerie. Enfin, si la préparation de cette action est une réussite sur le plan médiatique, qu’en sera-t-il lorsque les télévisions montreront le déversement de lait sur les routes et caniveaux, ce qui sera probablement souvent le cas ? Réponse, autour du 7 septembre.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.