Les professionnels et les pouvoirs publics ont renforcé drastiquement les mesures de biosécurité en vue d'enrayer l'épizootie. La principale d'entre elles vise la filière palmipèdes : les mises en place de canetons sont stoppées dans le Sud-Ouest du 18 janvier jusqu'à la fin du premier trimestre. Pour l'interprofession du foie gras, ce plan pourrait coûter 250 à 300 millions d'euros à la filière. Le président de Coop de France Aviculture estime que la filière ne pourra « redémarrer de la même façon qu'avant ».
Quelques semaines après l'apparition du virus de la grippe aviaire et devant son développement, le ministère de l'Agriculture et les professionnels du secteur ont décidé le 14 janvier, lors d'un Conseil national d'orientation de la politique sanitaire (Cnopsav), de mettre en place un plan plus vigoureux pour éradiquer l'épizootie. Le plan, qui doit être présenté à la Commission européenne la semaine prochaine, comporte trois volets : « la mise en place durable de mesures de biosécurité dans tous les élevages de volaille du territoire national , l'assainissement de la filière palmipède dans la grande zone Sud-Ouest, par la mise en place de vides sanitaires », et « la mise en œuvre d'une stratégie de surveillance renforcée dans la zone touchée et dans la one indemne, dans tous les maillons de la filière . euls les détails des mesures concernant la filière palmipèdes ont été communiqués au moment où nous écrivons.
LA FILIÈRE PALMIPÈDE VISÉE
La mesure la plus drastique concerne la filière palmipèdes du ud uest. Contrairement aux volailles, les populations de palmipèdes sont particulièrement résistantes au virus de la grippe aviaire, et peuvent constituer des lieux de propagations à bas bruit (sans mortalité ou signe clinique) de l'épizootie. C'est une des raisons pour lesquelles le Cnopsav a proposé de mettre en place des vides sanitaires à partir du 18 janvier. Concrètement, les mises en place de canetons seront stoppées du 1 anvier usqu'à la fin du premier semestre. Pour le ministère, cela « permettra l'assainissement de l'environnement avec la mise en place de nettoyages, désinfections et vides sanitaires dans l'ensemble de la zone ». Aucun abattage massif n'a été demandé par la profession. Selon le ministère, la production pourra ainsi « reprendre pour assurer, dans de bonnes conditions, la production festive de fin d'année ».
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REMISE EN CAUSE DES PRATIQUES
« De l'avis des professionnels, c'est une remise en cause de certains comportements dans le ud uest , commente un responsable de filière. es professionnels pointent du doigt les pratiques de certains acteurs de la filière foie gras dans le ud uest, notamment l'absence de conduite en bande, qui permet selon eux des vides sanitaires plus réguliers et moins de circulations de véhicules dans les exploitations. D'autres font remarquer que les exploitations de la région comportent souvent plusieurs ateliers de volailles différents, ce qui ne permettrait pas de cloisonner l'épizootie dans une seule filière. our le président de Coop de rance Aviculture, on ne peut pas prendre le risque de redémarrer la production de la même façon qu'avant. Il va falloir arriver à un fonctionnement en bandes ». Cette évolution des pratiques doit cependant « avoir un co t acceptable pour la filière », et ne pas « faire perdre leur spécificité au produits ».
Commentant l'épisode de grippe aviaire qui touche le Sud-Ouest de la France, la nouvelle directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), Monique Eloit, a souhaité lors des vœux de son organisation, le 13 janvier, que la France effectue « un travail sérieux sur la mise en œuvre des mesures de biosécurité dans les élevages en plein air » pour « être mieux armée » à l'avenir face aux menaces de contamination. Elle note que durant cet épisode, ce sont surtout des élevages de palmipèdes qui ont été touchés et que ceux-ci se caractérisent par un mode d'élevage le plus souvent en plein air et une faible expression des symptômes de la grippe aviaire. Elle n'a pas précisé quelles mesures la France devait renforcer.