La montée en puissance des dispositifs d’endiguement de la grippe aviaire en Europe a permis au commissaire européen d’infléchir son discours sur le niveau de vigilance des Etats membres. M. Kyprianou souligne maintenant que le système de coordination et la réglementation pour faire face à de nouveaux cas de H5N1 sont efficaces. Face à la menace, la France a décidé de suivre le plan européen de biosécurité en imposant le confinement des élevages dans 21 départements.
Alors qu’elle atteint un niveau de préparation satisfaisant pour faire face à la grippe aviaire, selon le commissaire Markos Kyprianou, l’Union européenne doit à présent gérer la crise de confiance des consommateurs pour les produits de la filière volaille. La Commission de Bruxelles va examiner la demande de la France, soutenue par l’Italie et la Hongrie, d’utiliser les outils de marché pour aider les professionnels à absorber les conséquences des baisses de consommation. Les ministres de l’Agriculture ont évoqué, lors du Conseil agricole des 24 et 25 octobre, la possibilité de faciliter les exportations grâce aux restitutions prévues par l’Organisation commune de marché.
Par ailleurs, Mariann Fischer Boel a rappelé que le budget communautaire prendrait en charge la moitié des coûts dus aux abattages des élevages touchés par la maladie.
Côté communication, le commissaire à la Santé et à la Protection des consommateurs a défendu, le 25 octobre, devant le Parlement européen, sa volonté de transparence qui permet d’éviter des dégâts pires encore pour la consommation que créeraient la « suspicion» d’une vérité cachée. Et ce même si les médias exagèrent parfois, a-t-il concédé, les yeux gonflés de fatigue.
Nouveaux foyers inéluctables
Mais quel que soit le niveau de préparation de l’Union européenne, il faut se préparer à la découverte de nouveaux foyers de grippe aviaire, a prévenu M. Kyprianou, un phénomène « inéluctable». Mais « il ne faut pas transmettre la panique. Nous avons un système et une législation qui nous permettent d’y faire face », a-t-il rassuré. Pour l’heure, la grippe aviaire a été décelée en Roumanie, en Turquie, en Croatie et en Grande-Bretagne chez un animal d’importation.
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Ce dernier cas a accéléré la décision des autorités européennes de suspendre les importations d’animaux vivants à des fins commerciales. Les animaux de compagnie devaient faire l’objet de nouvelles mesures discutées par les experts vétérinaires des Etats membres.
Ces derniers ont approuvé, le 25 octobre, la décision d’imposer un embargo aux volailles croates, suite à la confirmation de la présence du virus H5N1 dans ce pays.
La France enferme les volailles
Par ailleurs, malgré son opposition farouche à la mesure, lors des réunions d’experts, à Bruxelles, la France a décidé d’imposer l’enfermement des volailles dans 21 départements Il s’agit de l’Ain, l’Aube, les Bouches-du-Rhône, la Charente-Maritime, la Haute-Corse, le Gard, la Gironde, l’Ille-et-Vilaine, l’Indre, les Landes, la Loire-Atlantique, la Manche, la Marne, la Haute-Marne, la Meurthe-et-Moselle, la Meuse, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin, la Seine-Maritime, la Somme et la Vendée.. Annoncée par le ministre de l’Agriculture, cette décision est une application du plan de biosécurité adopté à Bruxelles, voici quelques jours. Le confinement des volailles doit permettre de limiter au maximum les contacts entre les animaux d’élevage et les oiseaux migrateurs, dans les régions de passage de ces derniers. Ces mesures devaient entrer en application au lendemain de leur annonce, soit le 26 octobre. Elles ne seront pas sans poser des problèmes d’étiquetage ou, plus concret, de place dans les exploitations. Les premiers à s’en inquiéter sont les producteurs de Bresse dont l’AOC oblige un élevage en plein air. Et qui à ce titre ne disposent pas de bâtiments adéquats pour permettre la poursuite de l’élevage sous appellation dans de bonnes conditions.