Malgré la quinzaine de pays ayant fermé leurs frontières aux volailles françaises après la réapparition de la grippe aviaire, la filière volaille ne devrait pas subir de gros dommages pour l'heure. L'Anses a confirmé le 14 décembre que les souches de virus trouvées n'étaient pas transmissibles à l'homme.
La réapparition de la grippe aviaire en France, fin novembre, ne manque pas d'inquiéter la filière. En France, la confirmation de la non-dangerosité du virus pour l'homme devrait rassurer. L'Anses a indiqué, le 14 décembre, que la souche d'un des virus trouvés dans le Sud-Ouest de la France n'était pas transmissible à l'homme. Deux autres souches sont encore en cours d'examen, mais l'Anses estime qu'il n'y pas de raison de penser qu'elles présentent une dangerosité supplémentaire.
FOIE GRAS : LA SAISON DES FÊTES EST SAUVÉE
Mais au moins quinze pays ont décidé d'interdire l'importation de volailles françaises, faisant planer des inquiétudes pour l'export. Compte tenu de la liste précise des interdictions, c'est la filière foie gras qui semblait la plus susceptible de souffrir de la situation alors que les fêtes de fin d'année vont commencer. Mais l'interprofession se veut rassurante. Au Japon, marché important pour le foie gras français (1), « les restrictions d'importation ne concernent que les produits frais dont la production est postérieure au 24 octobre 2015 », indique un communiqué du 4 décembre. Les conserves et les produits frais ou surgelés fabriqués avant le 23 octobre ne sont donc pas concernés. Alain Tapie, directeur général du pôle alimentaire d'Euralis, a confirmé, le 15 décembre, lors de la présentation des résultats du groupe, que la marque Rougié ne serait pas affectée pour l'instant, tout en espérant une levée rapide des embargos. Notons qu'avec des sites de production en Bulgarie et au Canada, Euralis pourrait se permettre de diversifier ses approvisionnements, ce qui n'est pas le cas de tous les acteurs de la filière.
FERMETURES MARGINALES POUR LES PRINCIPAUX MARCHÉS DE LA VOLAILLE EXPORT
Concernant la volaille export, la fermeture de débouchés reste marginale. L'Union Européenne et les Etats du Golfe restent en effet ouverts aux importations.
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D'après le site internet Exp@don, dépendant du ministère de l'Agriculture et de l'établissement public FranceAgriMer, quinze pays et territoires ont fermé leurs frontières aux volailles françaises, dont six en Asie (Chine, Corée du Sud, Hong Kong, Japon, Taïwan et Vietnam) et cinq en Afrique (Afrique du Sud, Algérie, Egypte, Maroc et Tunisie). S'y ajoutent depuis la semaine du 7 décembre la Polynésie française, l'Ukraine, ainsi que l'Arabie saoudite et le Brésil, les embargos de ces deux derniers pays ne portant que sur le secteur de la génétique aviaire (oeufs à couver et oisillons d'un jour). En outre, le directeur général adjoint de l'alimentation, Loïc Evain, chef des services vétérinaires français, avait indiqué la semaine dernière à l'AFP que la Thaïlande avait également mis en place un embargo sur la volaille, ce que ne confirmait pas le site Exp@don le 15 décembre.
LIMITER LA DURÉE DE L'EMBARGO
« On continue de plaider avec les ambassades et nos services vétérinaires » auprès des pays concernés « pour qu'ils puissent lever dans les meilleurs délais » leurs embargos « au-delà des zones » délimitées par le gouvernement, a assuré à l'AFP l'entourage du ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, le 11 décembre. À ce stade, ces mesures bloquent « un courant d'affaires qui n'est pas d'une importance dramatique pour la filière », mais certains secteurs pourraient être plus affectés, en particulier la génétique aviaire, qui pourrait faire l'objet d'indemnités. Par ailleurs, « tous les élevages abattus pour être détruits (...) seront indemnisés par l'Etat », a affirmé le ministère. Lundi 14 décembre, deux nouveaux foyers étaient identifiés dans le Sud-Ouest de la France, portant leur nombre à quinze.
(1) 600 tonnes en 2014, en progression de 11 % entre janvier et août 2015 par rapport à la même période l'année précédente.