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Grippe aviaire, Stéphane Le Foll « voit le bout du tunnel »

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Dans une conférence de presse le 20 mars, Stéphane Le Foll a fait le point sur l’épizootie de grippe aviaire. Il a également annoncé, pour le 13 avril, « un pacte avec l’interprofession des palmipèdes gras et des gallinacés » dans le but d’assurer un maximum de biosécurité.

« Je serais prudent, mais on voit le bout du tunnel ! », a annoncé Stéphane Le Foll, le 20 mars en conférence de presse, en parlant de la grippe aviaire qui sévit depuis quatre mois dans le sud-ouest de la France. En effet, selon lui, le nombre d’apparitions de nouveaux foyers d’infection par ce virus de la grippe (H5N8) est en diminution. Il était au nombre de 465 au 20 mars pour 11 départements touchés par la faune sauvage et 9 départements touchés dans les élevages. Les éleveurs encaissent la mort de 1,7 million de volailles et de 2,3 millions de canards, abattus par les services sanitaires du gouvernement. « Mais la stratégie fonctionne », a souligné le ministre, rappelant « la virulence et l’agressivité du virus ». Il a évoqué des « abattages préventifs qui continuent toujours aujourd’hui, comme dans la région de la Chalosse (Landes) ». Une chose est sûre, la maladie reviendra. Entre abattages de masse, indemnisations et aides à la trésorerie, « nous n’allons pas reconduire cela tous les ans », a déclaré Stéphane le Foll. La filière semble bien en avoir conscience, selon le gouvernement. Aussi, le ministre a annoncé « un pacte avec l’interprofession des palmipèdes gras et des gallinacés » pour le 13 avril afin d’éviter que les futurs épisodes ne prennent une telle ampleur.

Maximiser la biosécurité

Ce pacte avec la filière se baserait sur une meilleure alerte de la part des professionnels sur le terrain en cas de détection du virus, une amélioration du respect des règles de biosécurité notamment en cas de transport des animaux, une diminution de ces transports, le confinement éventuel d’animaux, la mise en place de filet au-dessus des parcours en liberté, la couverture des lieux d’alimentation et d’abreuvement, une baisse de densité des populations d’élevage, un travail en bande unique, le traitement des lisiers avant épandages, etc. Tout reste encore en négociation, notamment avec le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog), les collectivités locales ou encore les régions. Stéphane Le Foll n’en dira pas plus à part un « il y aura du confinement mais pas que… ». « Il y a de gros, très gros progrès à faire dans les transports », relève-t-il également. Du côté des indemnisations, les éleveurs auront –- encore une fois – à remplir un dossier fin mars pour une indemnisation fin avril. Difficile pour le gouvernement d’estimer le montant des pertes. Pour l’heure, l’épisode H5N8 n’est pas encore achevé, mais ces dernières dépasseront certainement celles de 2016.

Des pertes supérieures à celles de 2016

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Le Cifog, le 9 mars, évaluait les pertes à 250 millions avec 45 millions pour l’accouvage, 26 millions pour le dépeuplement, 40 millions pour les pertes de productions et 136 millions pour l’aval. En 2017, C’est 55 % du potentiel de la production française de foie gras qui a été atteinte par l’épizootie, soit un manque de 9,7 millions de canards. Stéphane Le Foll a aussi évoqué la mise en place d’une avance de trésorerie remboursable de 20 millions d’euros pour 2017 (10 millions en 2016). Vu les sommes en jeu, le gouvernement semble avoir les moyens de négocier avec la filière pour une amélioration de la biosécurité. C’est d’ailleurs sur ce thème que Stéphane Le Foll a fortement insisté durant sa conférence de presse : « Il est nécessaire d’améliorer les conditions de biosécurité de l’ensemble de la production. Ce n’est pas pour embêter mais pour pérenniser. La biosécurité, c’est de la prévention. » La question des vaccins a été également abordée. « Les vaccins ne sont pas en mesure de régler le problème », a expliqué le ministre, sachant que le virus mute chaque année. En 2017, c’est 55 % du potentiel de la production française de foie gras qui ont été atteints par l’épizootie. Il manque 9,7 millions de canards, selon le Cifog contre 9 millions en 2016.

Retour des dindons, pintades, poules et autres gallinacés dans les élevages dès la fin mars

Stéphane Le Foll a annoncé dans une conférence de presse le 20 mars, le retour des gallinacés dans les élevages des zones où l’épizootie de grippe aviaire s’est stabilisée. Cela concernait, au 20 mars, 536 communes. Petit à petit, ces zones vont s’étendre pour une levée progressive des mesures de restriction. Avant de réinstaller les animaux, les éleveurs devront respecter certaines contraintes : examen sanitaire obligatoire à l’arrivée des volailles, élevage en bâtiment pendant quatre semaines, élevages périphériques de la zone desservis en premier, etc. Du côté des canards à gaver, dans les départements où la maladie a fait de lourds dégâts comme le Gers, les Landes, la Haute-Garonne, les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées, les éleveurs pourront relancer leur activité fin mai 2017. « Si la situation continue à évoluer favorablement », alerte le ministre.