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Assurance récolte Groupama, déçu du manque de moyens donnés par le gouvernement

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Groupama n’a pas caché mercredi 2 février, sa grande déception quant au budget alloué par le gouvernement, dans le cadre de l’assurance récolte. Cependant, cela n’empêche pas l’assureur de réfléchir à la mise en place et à la faisabilité de ce projet. Les seuils de responsabilités devront être clairement définis. « Il ne faut par ailleurs pas confondre assurance récolte et assurance revenu », indique Jean-Luc Baucherel, le président de Groupama.

Présents mercredi 2 février, à l’Académie d’agriculture de France, les responsables de Groupama n’ont pas caché leur déception face à la faiblesse des moyens financiers proposés par le gouvernement sur le dossier de l’assurance récolte. Ils s’exprimaient lors d’un débat organisé par l’Académie, où figurait notamment Hervé Morize, président de la Société des agriculteurs de France (Saf). Pour compléter les 10 millions d’euros qu’a proposés le gouvernement, Groupama espère que l’assurance récolte pourra bénéficier d’une partie des 8 millions d’euros qui devraient être recueillis grâce à la modulation des aides Pac.

Bien identifier les différentes responsabilités

Groupama estime que 11 aléas climatiques pourront rentrer dans le cadre de cette assurance, parmi lesquels la grêle, le gel, les tempêtes, les inondations, la sécheresse, les excès d’eau, les coups de chaleur, les coups de chaleur et les pluies violentes. Le groupe exclut ainsi les risques propres des exploitations agricoles, les baisses conjoncturelles de revenus et les catastrophes autres que liées au climat (crises sanitaires…). « Il ne faut pas confondre assurance récolte et assurance revenu», indique Jean-Luc Baucherel, président de Groupama. « L’assurance ne pourra pas prendre en charge la variabilité intrinsèque du revenu agricole, les risques courants devront être assumés par les agriculteurs », ajoute Stéphane Gin, directeur des risques professionnels agricoles de Groupama. Du côté de la Saf, le président Hervé Morize, reste dans cette ligne d’idées. « Il faut établir les niveaux de responsabilité, selon trois sphères » : celle de l’agriculteur, pour les risques courants, celle de l’assureur privé, pour les aléas climatiques et celle de l’Etat, qui pourrait conserver un fonds d’intervention publique pour les risques non assurables (épizooties, ESB…).

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Stéphane Gin, insiste par ailleurs sur le fait qu’il est important que cette assurance « soit fondée sur une approche individualisée pour chaque exploitation». « I l faut tenir compte par exemple de la compensation entre cultures, qui peut amortir les pertes de l’agriculteur et nous permettre de proposer un coût d’assurance moins élevé », ajoute-t-il. Quoi qu’il en soit, Groupama effectue depuis trois ans déjà, des opérations pilotes partielles (limitées à certains risques climatiques) dans le Nord-Est, notamment en Champagne-Ardenne, Nord-Pas-de-Calais et Picardie. Et si l’on en croit Jean-Luc Vié, agriculteur, cela semble pour l’instant très bien fonctionner.