Afin de concentrer ses efforts sur le « convenience food », le groupe Uniq a décidé de se séparer de ses activités de « salades » en Belgique et de « corps gras » dans l’Hexagone. Sa branche Sud de l’Europe, Marie Groupe Uniq, met donc en vente Saint-Hubert. Réalisant 129 millions d’euros de chiffre d’affaires, la société regroupe un effectif de 150 salariés et un centre de production situé près de Nantes. Sa cession pourrait permettre au Groupe Uniq de disposer d’argent frais pour combler sa dette de 108 millions d’euros.
Uniq vend pour faire du cash. À l’occasion de la publication de résultats annuels décevants, le groupe britannique a annoncé la cession de ses activités « corps gras » en France, représentées par la société Saint-Hubert, et « salades » en Belgique. Dans un communiqué, le groupe Uniq explique « poursuivre son recentrage stratégique sur un nombre limité de marchés du « convenience food » à forts potentiels ». Un mandat a été confié à la banque Lazard. La vente devrait être bouclée d’ici la fin de l’année, et sera menée par John Wood Dow, qui devrait par la suite rentrer au Royaume-Uni. Directeur général de Marie Groupe Uniq depuis quatre ans, le Britannique est d’ores et déjà remplacé par Giampaolo Schiratti cf dans ce même numéro la rubrique « En vue » à la tête de cette branche Europe du Sud du groupe Uniq. Les facturations de ce pôle qui regroupera dorénavant les sociétés Marie Frais et Marie Surgelés seront ramenées à 390 millions d’euros, réalisées à 71 % avec ses marques Marie, Bocuse, Luang et la licence en frais de Weight Watchers (avec des parts de marché de 18,7 % en frais et 12,6 % en surgelés). Son parc industriel sera composé des sites de d’Airvault, Chacé, Mirebeau, Briec, Sablé et Viriat.
Un groupe en difficulté
Le groupe Uniq réduit ainsi son portefeuille pour se concentrer sur son cœur de métier, les plats préparés. Un moyen de « dégager les ressources nécessaires au financement de sa stratégie », indique-t-il. Déjà, les activités surgelés et traiteur de Marie ont été regroupées au sein du même pôle « Convenience food », il y a près d’un an cf Agra alimentation n° 1891, du 7 juillet 2005,. En difficulté, le groupe tente de rassembler ses forces pour renouer avec la croissance. Pour son dernier exercice, clos au 31 mars 2006, son chiffre d’affaires global a régressé de plus de 6 %, passant de près de 1,28 milliard d’euros en 2005 contre 1,19 milliard d’euros cette année . Son résultat opérationnel est quant à lui passé de 41,04 millions d’euros à 19,6 millions. Principale source de pertes, son activité au Royaume-Uni affiche un résultat opérationnel de – 16,8 millions d’euros alors que son pôle Nord de l’Europe ne perd que 0,14 million et celui du Sud de l’Europe rapporte 36,6 millions d’euros. La dette nette du groupe passe de 66,3 millions d’euros (45,7 millions de livres) fin mars 2005 à 108 millions d’euros (74,5 millions de livres) cette année.
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Des actifs rentables
En conséquence, pour obtenir de l’argent frais, le groupe Uniq taille dans le gras. Et décide de se séparer de 12 % de son chiffre d’affaires. Ses salades belges génèrent une marge opérationnelle de 12 %. Saint-Hubert tient lieu de premier contributeur aux profits de la branche Sud de l’Europe. Sur les 519 millions d’euros de chiffre d’affaires de Marie Groupe Uniq, Saint-Hubert en réalisait jusqu’à présent 129 millions. Avec 150 salariés, son site de production basé à Ludres, près de Nancy, et ses marques Le Fleurier et Saint-Hubert, la société détient 30 % de parts du marché français des corps gras. Actif rentable, qui multiplie les innovations, mais situé sur un marché de commodité stable, Saint-Hubert pourrait être valorisé selon les estimations entre 75 et 100 millions d’euros. Son directeur général, Patrick Cahuzac, devrait rester aux commandes.