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Groupements d’employeurs agricoles et ruraux : un nouvel élan ?

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Les membres de la Fédération nationale des groupements d’employeurs agricoles et ruraux (FNGEAR) qui fêtaient le 22 mars au Sénat les « 30 ans des groupements d’employeurs » ont reçu la ministre du Travail Myriam El Khomri. L’occasion pour eux d’interpeller la ministre afin qu’elle accompagne davantage le développement du travail à temps partagé.

Honorant sa promesse de venir rencontrer la FNGEAR, Myriam El Khomri a ouvert la séance, le 22 mars, en félicitant la section de la FNSEA de son « dynamisme et ingéniosité ». La ministre a affirmé adhérer « à la philosophie des groupements d’employeurs », soulignant que ces groupements sont la preuve que « la France sait créer des outils de flexisécurité ». Depuis leur création il y a trente ans, les groupements d’employeurs agricoles et ruraux ont permis la signature de plus de 84 000 contrats, dont 43 000 signés depuis 2003. « Trois quarts des groupements d’employeurs de France sont agricoles et ruraux ! », s’est félicité le président de la FNGEAR Gilles Duquet. Les membres de l’assemblée ont cependant fait part de la nécessité de faire évoluer le cadre juridique de ces groupements, qui peuvent contribuer positivement à la création d’emplois en France.

Développer des groupements multisectoriels ?

Gérer de telles structures dans lesquelles les adhérents endossent une responsabilité solidaire n’est pas facile, rappelait Gilles Duquet. « La sécurisation de nos pratiques reste un facteur important de développement », insistait-il.

Pierre Fadeuilhe, maître de conférences à l’INP de Toulouse, spécialiste du travail à temps partagé, a invité le FNGEAR à s’emparer de ce « moment crucial » au vu de la conjoncture du marché de l’emploi. Deux options se dessinent selon lui : l’augmentation du nombre d’auto-entrepreneurs ou « l’élargissement du spectre des groupements d’employeurs ». C’est vers cette seconde option que la FNGEAR veut tendre. Pour cela, elle souhaite développer des groupements d’employeurs multisectoriels qui recruteraient des salariés à des postes de « back-office », administratifs notamment, et qui pourraient intervenir dans des entreprises variées, agricoles ou non. La FNGEAR avait d’ailleurs invité Nicolas Verdon, président de la Fédération nationale des professions de sports et loisirs afin qu’il vienne témoigner du fonctionnement du travail à temps partagé dans son secteur.

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Soutien des pouvoirs publics

Lorsque les membres de la FNGEAR ont demandé à la ministre de soutenir le dispositif du travail à temps partagé, Myriam El Khomri a rappelé que son projet de loi sur le travail répondait en partie à leurs attentes puisqu’il stipule qu’« un groupement d’employeurs est éligible aux aides à l’emploi dont auraient bénéficié ses entreprises adhérentes si elles avaient embauché directement les personnes mises à leur disposition ». Elle a par ailleurs a invité les membres de la FNGEAR a lui faire remonter leurs problématiques concrètes et leurs propositions avant le séminaire du 21 avril intitulé « Oser les groupements d’employeurs » qui se tiendra à Bercy en présence d’Emmanuel Macron, Myriam El Khomri et Martine Pinville. Cette journée marquera le coup d’envoi « d’une large promotion des groupements d’employeurs », a promis Myriam El Khomri devant les membres de la FNGEAR.

« Trois quarts des groupements d’employeurs de France sont agricoles et ruraux ! », s’est félicité le président de la FNGEAR Gilles Duquet