En élargissant la question du prix du lait à celle, très globale, des marges des grandes surfaces la Fnsea va-t-elle calmer une contestation paysanne devenue peu maîtrisable ? Le gouvernement y compte bien et s’en sort à coup de nouveaux groupes de travail tous azimuts mais cela ne résout pas grand chose, les industriels laitiers restant pour certains en proie à des blocages de site et pour la plupart confrontés à une équation impossible malgré l’accord du 3 juin. Le risque d’un effondrement d’Entremont, n°3 du secteur, donne la mesure du problème. Tardive, la recherche de solutions d’urgence sur ce dossier montrera si, au-delà de celle de l’Etat, la solidarité peut jouer dans la profession et faire germer des idées nouvelles d’organisation de la filière, de gestion collective des excédents et de péréquation. Mais on ne pourra attendre octobre, moment où l’Autorité de la concurrence, que le Sénat vient de saisir, aura précisé où était la ligne jaune.
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En réunissant les ténors de l’agriculture, de l’industrie et du commerce à Bercy, Luc Chatel et Michel Barnier sont-ils plus sûrs de calmer le jeu ? Bien que citée, avant ce rendez-vous, comme la mère de tous les maux, la LME ne sera pas remise en cause, mais seulement assortie d’un « guide des bonnes pratiques contractuelles » (il existe en fait à la CEPC) et des agents de la DGCCRF seront transformés en « brigade de contrôle de la LME » ; l’observatoire des prix et des marges sera renforcé et abordera bientôt le lait (ses résultats sur le porc sont-ils si éclairants ?) ; la France défendra à Bruxelles la possibilité d’indiquer le lieu de production dans l’étiquetage des produits ; pour le reste, on re-trouve un air connu : la contractualisation (à inscrire dans la future loi de modernisation agricole) et des réflexions stratégiques du CSO sur l’évolution des filières…