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Empreinte carbone Guérilla à Bruxelles entre partisans et détracteurs des biocarburants

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Les partisans et les détracteurs des biocarburants intensifient leurs pressions sur les services de la Commission européenne qui sont à la recherche d’une méthodologie pour chiffrer l’empreinte carbone de ces sources d’énergie en tenant compte notamment des changements indirects d’affectation des terres que leur développement peut provoquer (1).

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) provenant du pétrole et des biocarburants doivent être évaluées en application des directives communautaires sur les énergies renouvelables et sur la qualité des carburants. Or, selon une étude commandée par deux associations allemandes représentant le secteur des énergies renouvelables (BEE) et l’industrie des biocarburants (VDB), la méthode de calcul de la Commission européenne ne prend pas en compte de façon suffisante la progression des émissions provenant du pétrole conventionnel, alors que celles-ci devraient atteindre des niveaux records dans le futur. Une situation jugée préjudiciable pour les biocarburants qui sont soumis à des critères de durabilité beaucoup plus sévères.

Changement d’affectation des terres
De leur côté, quatre ONG – ClientEarth, Transport & Environment, le Bureau européen de l’environnement et BirdLife International – ont introduit le 8 mars un recours devant le Tribunal de l’UE, estimant que la Commission de Bruxelles avait violé les règles de transparence et de démocratie en refusant de divulguer des documents sur les critères de durabilité des biocarburants auxquels elles avaient demandé l’accès en octobre dernier. Certains de ces dossiers ont été divulgués, mais pas tous. Une demande similaire a été déposée par l’agence Reuters, ce qui a amené la Commission à divulguer 118 rapports et notes des services.
Dans une de ces notes, datée du 11 décembre 2009, le directeur général des services agricoles, Jean-Luc Demarty, met en garde son homologue chargé de l’énergie sur le fait qu’« une utilisation sans garde-fou de l’ILUC (changement indirect d’affectation des terres) tuerait les biocarburants dans l’UE ». « C’est probablement l’objectif des partisans de l’ILUC », ajoute-t-il.

(1) Voir n° 3239 du 15/02/10

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