En raison de la guerre en Ukraine qui a provoqué un choc majeur sur les marchés des produits de base, « les prix vont se maintenir à des niveaux historiquement élevés jusqu’à la fin de 2024 », indique la Banque mondiale dans un rapport publié le 26 avril. Les auteurs ajoutent qu’« il s’agit du plus grand choc sur les produits de base que nous ayons connu depuis les années 1970 (période notamment marquée par les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979) ». Une situation qui est en outre aggravée, comme l’estime Indermit Gill, vice-président de la Banque mondiale, par « la hausse des restrictions à l’exportation des denrées alimentaires, du carburant et des engrais ». Des restrictions qui font courir le risque d’une « stagflation », prévient celui qui est en charge du pôle Croissance équitable, finances et institutions. Par ailleurs, l’organisation basée à Washington, inquiète de la situation, souligne que « les prix des produits de base devraient rester bien supérieurs à la moyenne des cinq dernières années et, en cas de guerre prolongée ou de nouvelles sanctions contre la Russie, ils pourraient devenir encore plus élevés et plus volatils que ce qui est actuellement prévu ».
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Selon le rapport, les cours du blé devraient augmenter de plus de 40 % et atteindre un niveau record en valeur nominale en 2022, ce qui pénalisera les économies en développement qui dépendent des importations de blé, notamment en provenance de Russie et d’Ukraine. « Les marchés des produits de base sont ainsi soumis à une pression énorme, cela aura des répercussions durables », assure John Baffes, économiste senior au sein de la division Perspectives de la Banque mondiale. « La forte hausse des prix des intrants tels que l’énergie et les engrais (augmentation de 70 % à prévoir en 2022) pourrait provoquer une baisse de la production alimentaire, notamment dans les économies en développement. L’utilisation réduite d’intrants pèsera sur la production et la qualité des aliments, ce qui affectera les disponibilités alimentaires, les revenus des populations rurales et les moyens de subsistance des populations pauvres », prévient-il.