Sanctionner les importations agricoles russes et bélarusses au niveau européen pour débloquer les capacités d’exportation des produits ukrainiens. Telle est la solution mise en avant le 4 mars par le Premier ministre polonais, Donald Tusk, en visite à Vilnius (Lituanie). Il a d’ailleurs annoncé que son gouvernement allait demander à Bruxelles la mise en place de « sanctions complètes ». Et d’ajouter que dans cette optique, une résolution sera soumise au vote des parlementaires polonais. Il considère notamment qu’une action commune au niveau européen serait « plus efficace » que des décisions unilatérales des États membres. Une référence à l’adoption le 22 février par le parlement letton d’une interdiction des importations de denrées alimentaires, de produits de la pêche et de fourrages en provenance de la Russie et du Bélarus, y compris par l’intermédiaire de pays tiers. Déjà interrogé sur ce point lors des réunions du Conseil des ministres de l’Agriculture en décembre et en janvier, le commissaire Janusz Wojciechowski, lui aussi Polonais, s’est toujours montré réticent à un embargo sur les produits russes pour des raisons de sécurité alimentaire pour les pays tiers mais également pour ne pas offrir un prétexte à Moscou pour imposer des contremesures.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Lire aussi : Guerre en Ukraine : embargo letton sur les importations alimentaires russes et bélarusses
Au-delà de l’aspect communautaire, Donald Tusk estime qu’une décision de l’UE permettrait aussi de « débloquer totalement les possibilités d’exporter les produits agricoles et alimentaires ukrainiens vers des pays tiers ». En ce sens, cette solution serait également soutenue par le Premier ministre ukrainien Denys Chmygal. Tout cela intervient alors que des blocages d’agriculteurs sont en cours depuis le début du mois de février, au niveau de passages frontaliers entre l’Ukraine et la Pologne et qu’une nouvelle manifestation a eu lieu à Varsovie (Pologne) le 6 mars devant les bureaux du Premier ministre Tusk pour protester contre les réglementations européennes et des importations de produits agricoles ukrainiens.