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Inra Guy Riba relativise l’intérêt des OGM

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Lors du débat « Les sciences du vivant au service de l’agronomie » le 28 février sur le café de l’Agriculture, au Salon de l’agriculture, Guy Riba, directeur général délégué de l’Institut national de la recherche agronomique, a fait le point sur les OGM devant un parterre de lycéens dans un discours très nuancé.

La mission des OGM est de permettre une réduction des traitements de produits phytosanitaires, a observé Guy Riba, lors de cette conférence. « Savez-vous que l’on dépense en moyenne 1800 euros par hectare et par an de produits phytosanitaires en viticulture ? », a-t-il déclaré.

Les OGM, selon lui, présentent un intérêt pour les entreprises qui les commercialisent et pour les agriculteurs en simplifiant les traitements et en augmentant les rendements. Chaque OGM doit fait l’objet d’une étude appronfondie pour savoir s’il présente ou non un risque environnemental.

« Mais à quoi ça sert d’avoir foutu ce merdier avec le soja résistant aux herbicides si on utilise toujours autant d’herbicides ? Dans ce cas, on a le droit de remettre en cause les OGM», a t-il poursuivi. Il évoquait la situation de la culture du soja résistant au Round Up en Argentine, où l’utilisation d’herbicides serait en augmentation en raison de résistances de plus en plus fortes des adventices. Il a précisé qu’il ne fallait pas utiliser les OGM comme le font les Argentins. « Il faut faire un suivi de ces cultures», a t-il préconisé.

A une question du public, il a répondu : « Si vous êtes consommateurs, la réponse est claire : il n’y a aucun intérêt aujourd’hui à consommer des OGM, la bouffe n’est pas moins chère et elle n’est pas meilleure ».

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« On ne sait rien sur les risques à long terme »

Pourtant, la plupart des aliments transformés peuvent contenir des OGM : « Dans 70% des produits alimentaires, il y a soit de la lécithine, soit du gluten de maïs », qui peuvent être faits à partir d’OGM, a t-il expliqué.

Interrogé sur les risques pour la santé, « l’histoire de seuil, en matière de sécurité sanitaire, ne résoud pas le problème. Ou il y a danger et il faut retirer le produit, ou tout va bien », a-t-il répondu. « On ne sait rien sur les risques à long terme, on ne peut pas répondre à cette question », a-t-il reconnu ensuite.

Le débat sur les OGM « nous a beaucoup aidés au début », a poursuivi le directeur délégué de l’Inra. « Nous avons mis en place une équipe pour l’évaluation du risque environnemental. Nous ne l’aurions pas fait avec une pareille intensité s’il n’y avait pas eu de polémique ». Son regret : que la polémique ait coûté 10 millions d’euros par an à l’Inra. « La polémique a réduit les crédits de l’Inra pour la génomique. Aujourd’hui l’Inra travaille sur l’évaluation du risque, l’aspect économique et sociologique des OGM. Mais plus personne ne travaille sur la transgénèse, personne non plus sur les OGM à vocation agronomique », a regretté Guy Riba.