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INDUSTRIE/CHARCUTERIE Guyader Gastronomie investit dans son activité charcuterie

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INDUSTRIE/CHARCUTERIE > Guyader Gastronomie vient d'investir près de cinq millions d'euros dans son nouvel atelier de production à Saint-Agathon dans les Côtes d'Armor. L'opération vise à conforter l'industriel breton dans sa stratégie d'innovation gastronomique et à se donner les moyens de son développement.

Le transfert de l'usine de charcuterie de Guyader Gastronomie de Quintin dans les Côtes-d'Armor, vers celle de Saint-Agathon, s'est réalisé en un temps record. « En octobre 2014, nous annoncions le déménagement. En avril, nous commencions les travaux et le 13 juillet dernier les 95 salariés de l'atelier étaient dans les murs », indique Antoine Gorioux, directeur général de Guyader Gastronomie. La présence sur la commune de Saint-Agathon d'une usine construite en 2007 par Stalaven pour la production de salades et laissée vacante depuis deux ans était une réelle opportunité pour Guyader Gastronomie. L'occasion pour l'entreprise de doubler sa surface de production, avec désormais 7 500 m2 d'atelier sur un terrain de 5,5 hectares. « Le site était déjà aux normes et configuré aux contraintes sanitaires actuelles », poursuit le directeur général. « Nous avons aujourd'hui une capacité de production de 4 000 tonnes par an, contre moins de 3 000 sur le site de Quintin, et la possibilité de répondre à de nouveaux marchés ». Pour autant, la course au volume n'est pas l'option retenue par Christian Guyader, le p.-d.g. et petit-fils du fondateur (lire ci-après). « Ce que nous cherchons avant tout, ce sont les meilleures conditions de travail possibles et la capacité d'innover sur des produits à valeur ajoutée », indique-t-il.

RÉINVESTIR DANS LE MÉTIER HISTORIQUE DE LA CHARCUTERIE

Pour Guyader Gastronomie, l'investissement de 4,8 millions d'euros, dont 900 000 euros dans l'adaptation de l'outil aux techniques de la charcuterie, marque la volonté de développer le métier historique de l'entreprise. En effet, chez les Guyader on est charcutier depuis 1930. Ce n'est qu'en 1989 que l'entreprise s'est diversifiée vers les produits de la mer et le poisson fumé. « Nous avons décidé de réinvestir dans ce métier historique de la charcuterie, et cette année, après deux ans de stagnation, nous sommes à nouveau en croissance », explique le p.-d.g. Pour développer cette branche, l'équipe dirigeante mise sur des produits premium et haut de gamme, à forte valeur ajoutée. Côté volume, les produits de salaisons occupent 15 % de la production (jambon cuit, rôti de porc ou de dinde, saucisson cuit), les ballottines, boudins blancs et produits de fêtes 15 % et les terrines et autres pâtés 70 %. Guyader Gastronomie fournit ainsi la GMS, qui représente 65 % du chiffre d'affaires (70 % coupe et frais emballé et 30 % libre service), et la RHD, 25 %. L'export, qui ne pèse que 10 %, reste un levier à développer. En GMS, Guyader Gastronomie travaille en MDD à 60 % et à sa propre marque à 40 %. Un ratio que l'entreprise souhaite inverser très rapidement.

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UN NOUVEAU TRANSFERT D'USINE À KERVIGNAC

Les trois métiers de Guyader Gastronomie équilibrent aujourd'hui l'ensemble des activités du groupe. « La charcuterie pèse 17 millions d'euros de ventes et représente 2 750 tonnes de produits, dont 150 tonnes d'andouilles sur le site de Fouesnant », précise Eric Toulot, directeur marketing. « Dans la charcuterie, il y a plus de volume mais moins de chiffres, alors que pour le métier poissons fumés, c'est l'inverse, en raison du coût élevé des matières premières », ajoute Christian Guyader. Le groupe réalise 74 millions d'euros de chiffre d'affaires, avec une croissance de 5 % par an. L'entreprise emploie 420 salariés répartis sur six sites de production en Bretagne et devrait embaucher 20 personnes à Saint-Agathon d'ici 2018. Une autre usine du groupe, située à Kervignac près de Lorient dans le Morbihan, et dédiée à la fabrication de cakes et autres produits traiteurs, doit également être transférée en septembre 2016. « Le permis de construire de la nouvelle usine vient d'être déposé », précise Christian Guyader. Le site emploie 35 personnes.