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Stratégie/Sauces Gyma veut être leader européen des sauces pour la restauration

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Après avoir connu quelques années de turbulence, Gyma, leader français des sauces froides pour la restauration, estime être prêt à repartir de l’avant et affiche son ambition de se positionner à terme comme le leader européen sur son secteur. Il compte pour cela sur un fort développement de son activité en Allemagne, sans pour autant négliger les marchés suisses, belges ou anglais, ni surtout son marché de base qu’est la France où il est leader avec 15% du marché.

Gyma, champion national des sauces mayonnaise ou ketchup à destination de la restauration, estime pouvoir tourner la page de ses opérations de restructuration, rembourser la dette du groupe et partir à la conquête de nouveaux marchés. C’est du moins l’objectif que se fixe Eric Cothenet, son nouveau directeur général. Les conditions semblent réunies pour un nouveau démarrage. Son prédécesseur a recentré l’activité du groupe sur les sauces froides, abandonnant les épice,s et procédé à des investissements. Les plans sociaux sont désormais terminés, avec 50 départs qui ont ramené les effectifs à 130 personnes en France et 70 en Allemagne. Les premiers résultats sont encourageants. « En 2012, sur un marché en régression tant pour la restauration collective que hors domicile, Gyma a réussi à construire une croissance de 4% à 42,4 M€. Pour cette année les ventes devraient atteindre 45 M€, dont 40 M€ pour la France et 5 M€ pour la filiale allemande. L’objectif est de faire croître le chiffre d’affaires pour rembourser la dette ». Cela pourrait être atteint dans les 2 années à venir, l’exercice en cours devant se terminer sur une situation quasiment à l’équilibre.
 
Mettre l’accent sur l’export
La clientèle est restée fidèle, se félicite Eric Cothenet, même pendant les périodes difficiles. Elle est constituée pour un tiers de clients de la restauration rapide (Mc Donald, KFC), pour un quart de restauration collective (Elior, Compass ou Sodexo) et le solde de collectivités publiques ou sociales, dès lors qu’elles sont adhérentes de centrales d’achat. Le groupe est particulièrement présent en France et en Allemagne, mais avec des produits différents. Dans l’hexagone, Gyma est plus présent dans les dosettes et sticks qui sont servis aux consommateurs, alors qu’en Allemagne, la clientèle est davantage constituée de restaurants (commerciaux ou collectifs) avec des seaux de mayonnaise ou ketchup. Le dirigeant ambitionne de porter le niveau des ventes en Allemagne à un niveau comparable à celui de la France, pour doubler le chiffre d’affaires du groupe dans les 10 à 15 ans à venir. Tout dépend du rythme auquel la société trouvera de nouveaux clients. Des agents commerciaux sont en cours de recrutement outre-Rhin. Les autres pays ne sont pas oubliés. Gyma dispose de distributeurs en Suisse et Grande Bretagne et d’un agent en Belgique. En France, le but est de maintenir son titre de référent du marché avec 15% de parts de celui-ci. Il entend pour cela étendre encore son offre produits au travers d’innovations. Au final, l’ambition affichée est de se positionner comme le leader européen du secteur. Le dirigeant se dit confiant car il sait pouvoir compter sur ses actionnaires qui sont présents pour une période moyen-long terme.
 
Une bonne visibilité sur les approvisionnements
Eric Cothenet est également relativement confiant quant à la maîtrise des coûts d’approvisionnement. Le produit le plus utilisé par Gyma est l’huile. Les achats sont faits soit sur le marché de Rotterdam, soit auprès de grands fournisseurs comme Sofiprotéol. « Ces marchés sont très transparents avec une bonne visibilité sur leurs évolutions. L’important est d’avoir une bonne stratégie sur les couvertures à terme. Pour les approvisionnements en tomate, second poste d’importance, les risques sont plus répartis, avec des achats en Europe du sud, Espagne et Italie mais également en Chine pour les concentrés. Les cours sont également moins volatils ». La véritable inquiétude réside dans la baisse de la consommation, notamment en France où les conommateurs font de réelles économies qui touchent durement la restauration. Le phénomène se fait même ressentir dans les restaurants d’entreprise ou la restauration sociale, dont la clientèle fait attention à ses dépenses. Le dirigeant de Gyma espère cependant que le creux de la vague a été atteint. Il se dit par ailleurs attentif aux nouvelles aspirations des consommateurs en matière de santé. Il relève que beaucoup d’efforts ont déjà été faits, notamment avec les mayonnaises allégées. Il se félicite également de l’attachement aux plaisirs gustatifs que peuvent apporter les sauces.

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