La remise par Guillaume Garot de son rapport aux ministres de l'Écologie, Ségolène Royal, et de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, mardi 14 avril est une étape importante dans le processus de réduction du gaspillage alimentaire en France. Enfin, il faut l'espérer… Le député PS de la Mayenne et ancien ministre chargé de l'agroalimentaire défend l'idée que la lutte contre le gaspillage alimentaire passe par la responsabilisation et la mobilisation de tous : du consommateur au distributeur, en passant par les industriels et producteurs, sans oublier les restaurations commerciale et collective et qu'au final tous ces efforts conduiront à de nouveaux modes de production et de consommation. L'enjeu de la lutte contre le gaspillage alimentaire, tout d'abord éthique, quand « des millions de Français ont besoin de l'aide alimentaire », est également économique. Selon les chiffres publiés par le gouvernement, chaque Français jette l'équivalent de 20 à 30 kg de nourriture par an – dont 7 kg encore parfaitement emballés –, ce qui représente 160 euros par an et par personne en tenant compte des coûts indirects (transport, stockage, gestion des déchets).
Parmi les 36 propositions de ce rapport, on notera notamment celle visant à interdire à la grande distribution de jeter, en mettant en place des rayons « anti-gaspi » ou en rendant obligatoires les dons aux associations qui le demandent, mais surtout d'asperger les invendus d'eau de javel ou d'autres produits, pour les rendre impropres à la consommation. Le rapport préconise également de modifier les dates de consommation, dont la traduction introduit des confusions auprès des consommateurs.
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Autant de mesures qui, éthiquement et moralement, devraient rencontrer l'aval de tous.
Reste maintenant à faire en sorte que ce rapport ne reste pas au fond d'un tiroir et que la majorité de ces proposions, dont certaines sont d'ordre législatif et d'autres réglementaires, soient sui-vies par des actes concrets.