Dans un livre sur L’avenir du foncier en Bretagne qui vient de paraître, le Conseil régional des notaires alerte sur la disparition des terres agricoles : sur les dix dernières années, au moins 32 000 hectares de terres arables bretonnes ont disparu.
L’affaire est jugée assez grave pour que les notaires de la cour d’appel de Rennes s’en emparent pour faire un livre. Depuis une dizaine d’années, ils analysent l’évolution du marché de l’immobilier (prix, volumes, profils sociologiques des acteurs du marché etc.). Or, « la flambée des prix nous amène à constater que nos territoires bretons ne subissent pas tous les mêmes pressions. C’est pourquoi, il nous est apparu essentiel de faire une étude de fond », note le président du Conseil régional des notaires, Jean Dugor. L’analyse réalisée en collaboration avec Jean Ollivro, professeur à l’université de Rennes 2 et à l’Institut d’études politiques de Rennes, est alarmante. Elle rappelle tout d’abord que la Bretagne risque d’être concernée par une attractivité inédite : l’Insee table en effet sur un million de Bretons en plus d’ici 2040. Une embellie démographique qui peut avoir des risques, observent les notaires. Au premier rang desquels, le processus en cours d’artificialisation des terres agricoles. D’ores et déjà, la Bretagne est plus concernée en moyenne par ce phénomène que les autres régions françaises, avec +25% d’artificialisation sur la période de 1992 à 2002, contre +16% en France. Plus récemment et sur les dix dernières années, au moins 32 000 hectares de terres arables ont disparu. La Bretagne a doublé ses surfaces artificialisées en 20 ans. Autrement dit, comme le souligne le conseil régional de Bretagne en 2012, il a été urbanisé, en 20 ans, l’équivalent de ce qui a été urbanisé par les générations précédentes pendant 2000 ans.
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