La vogue, encore récente, du précuit emballé offre un nouveau potentiel de développement sur lequel la société française Harry’s, leader de la boulangerie préemballée pense appuyer son regain de croissance tant en France qu’en Europe.
Au moment où elle fête ses 40 ans, la société Harry’s a décidé de rompre avec sa traditionnelle discrétion. D’abord pour annoncer un changement d’image et pour affirmer sa position de premier boulanger au savoir-faire vraiment français et aux ambitions de plus en plus européennes.
Créée à Châteauroux en 1965 par un boulanger local, Paul Picard, la société initialement baptisée Sopani a si bien joué de la consonance de sa marque Harry’s, de la bannière étoilée inscrite sur ses emballages et de sa première innovation à succès, « l’American Sandwich » qu’elle a pu faire oublier que c’était une entreprise française. En réalité, elle n’est passée aux mains d’un holding belge, Artal, qu’en 1989 et c’est en 2003 que le groupe italien Barilla en a pris le contrôle à 51 % aux côtés de deux financiers.
Nouvelle identité visuelle
Pour son p.-d.g. Alain Strasser, l’adoption d’une nouvelle identité visuelle (un auvent de boulangerie à la place du drapeau américain) s’imposait pour mieux traduire la richesse de sa gamme et le cœur de son savoir-faire. Mariant l’héritage des pains de mie introduits par son fondateur et des brioches du vendéen ADCL avec lequel Sopani avait fusionné en 1996, Harry’s est devenu le seul acteur complet dans les deux catégories boulangerie et viennoiserie préemballées. Depuis, son association avec Barilla en a fait le premier européen à réunir les deux savoir-faire qu’il décline sous trois marques, Harry’s en France, en Belgique, en Russie et au Portugal, La Bella Easo en Espagne et Dan Cake en Turquie.
Dans l’Hexagone, l’entreprise a beaucoup investi pour assurer la diffusion nationale de produits à courte durée de vie : au site d’origine de Châteauroux s’en sont ajoutés un deuxième à proximité, puis celui d’ADCL en Vendée et deux usines neuves à Valenciennes en 1996 et à La Plaine de l’Ain en 1999. Sa production, aujourd’hui de 150 000 tonnes, en fait le leader français de la boulangerie préemballée.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
18 M EUR d’investissements
Sa politique d’innovation s’est poursuivie après l’American sandwich, avec le pain de mie 100 % mie, les brioches aux pépites de chocolat (Doo Wap), et grâce à un investissement important sur ses lignes de production (de l’ordre de 18 M EUR), Harry’s lance les en-cas pour adultes et les pains et viennoiseries précuits (Les Dorés Maison). Ce marché du précuit sur lequel Harry’s offre déjà 2 200 tonnes, demeure encore marginal, de l’ordre de 7000 tonnes, mais il est promis à un bel avenir, selon Alain Strasser, et devrait booster la croissance de l’entreprise qu’il situe entre 5 et 10% en 2006.
Avec 1600 salariés, dont 150 boulangers diplômés, l’entreprise a connu naguère des taux de croissance à deux chiffres, et encore +10% en 2003 et 2004, mais seulement 3,5% l’an dernier à 396 millions d’euros en chiffre d’affaires.
Avec ses cinq autres sites hors de France (Espagne, République tchèque, Turquie et deux usines en Russie), le groupe réalise en outre 101 M EUR sur six marchés : la Belgique, l’Espagne, le Portugal, la Tchéquie, la Turquie et la Russie.