Le problème de compétitivité n’est pas, loin de là, un problème nouveau. Et pourtant, c’est en quelques semaines qu’un dispositif a été proposé, conçu et sera appliqué… en 2014. Ce n’est pas d’aujourd’hui que la France se hâte de régler rapidement des problèmes récurrents. Fin 2011, à l’approche des élections, Nicolas Sarkozy avait sorti de son chapeau la TVA emploi inspiré par certaines organisations dont le syndicalisme majoritaire agricole. Jusque-là, on ne peut pas dire que le problème avait été sérieusement traité, hors le torpillage des 35 heures et non sans certaines raisons au regard du problème de la compétitivité. Devant l’accumulation des retards économiques du pays depuis une dizaine d’années, le gouvernement Ayrault a bien été forcé de passer à l’action. Sans doute trop vite et en faisant l’impasse de concertations de fond. Car voilà un sujet, la compétitivité, qui aurait mérité depuis longtemps un Grenelle conduisant à un consensus général dans le pays.
C’est bien ainsi que les Allemands avaient agi, du temps du chancelier Schröder, dès le début de la décennie 2000. Il fallut des négociations laborieuses, des aller-retour, avec consultations d’experts, de Conseils des Sages, de concessions syndicales et politiques, etc. Le résultat se mesure aujourd’hui sur le taux de croissance allemand sa capacité d’exporter, la réduction de son chômage et, aussi, ses performances de secteurs comme l’industrie agroalimentaire. De ce côté-ci du Rhin on aura au contraire accumulé des retards. Or, on le sait bien, ce sont toujours les gens en retard qui doivent se hâter le plus.
 

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