Une équipe de chercheurs français, rattachés pour la plupart à l’hôpital pédiatrique Robert-Debré (Paris), a analysé la hausse des cas de scorbut – une carence sévère en vitamine C – chez les enfants en France, dans une étude publiée dans la revue The Lancet Regional Health et repérée par Le Monde le 3 janvier. Entre 2015 et 2023, les pédiatres ont recensé 888 cas de scorbut chez des enfants dans la base de données « Programme de médicalisation des systèmes d’information » (PMSI), qui recueille l’ensemble des données d’hospitalisation en France. Dès 2015, ils ont observé une augmentation « significative et régulière », de l’ordre de 0,05 % par mois. Constatant par la suite une accélération en 2020, avec une hausse de 1,9 % par mois, les auteurs ont établi une corrélation avec la hausse de l’indice des prix à la consommation. « Corrélation ne vaut pas causalité, mais nous avons un faisceau d’arguments montrant que la hausse des cas de scorbut coïncide avec l’inflation post Covid-19 », souligne Ulrich Meinzer, professeur de pédiatrie à l’hôpital Robert-Debré et à l’université Paris-Cité et coordinateur de l’étude, auprès du Monde.
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Outre le scorbut, les données de la base PMSI montrent une augmentation de la malnutrition sévère et de la carence en fer sur la même période, ce qui témoigne d’un problème global d’accès à la nourriture. « La hausse du scorbut est un symbole de la précarité alimentaire, définie à la fois comme un manque d’accès à de la nourriture de qualité et à l’éducation à une alimentation saine », précise Ulrich Meinzer. « Une autre piste est à aller chercher dans les cas d’hypersélectivité alimentaire », décrite par Haude Clouzeau, pédiatre au CHU de Bordeaux, ajoute le quotidien.